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Le président du Comité olympique japonais balaie les accusations de corruption

Le président du Comité olympique japonais balaie les accusations de corruption
Tsunekazu Takeda, président du Comité olympique japonais en conférence de presse, le 15 janvier 2019 àTokyoMartin BUREAU
sport

Tsunekazu Takeda, président du Comité olympique japonais, a nié mardi devant la presse être impliqué dans les versements suspects d'argent effectués en 2013 pour l'obtention des JO de Tokyo en 2020, pour lesquels il a été mis en examen en France il y a un mois par le juge Renaud Van Ruymbeke.

En quelque 7 minutes, M. Takeda, a lu une déclaration dans laquelle il a assuré "être innocent" et vouloir le "démontrer à la justice française en coopérant pleinement à l'enquête en cours".

Refusant de répondre aux questions, il a réfuté "être inculpé" selon l'acception japonaise, jouant sur les subtilités de traduction des termes juridiques français et japonais.

Le stade de la mise en examen au Japon signifie nécessairement un renvoi devant le tribunal, ce qui n'est pas le cas en France où il peut encore y avoir un non-lieu, d'où le fait que M. Takeda rejette l'expression d'inculpation en japonais.

Il n'a du coup pas même évoqué le fait qu'il soit lui-même suspecté de "corruption active".

Quant au Comité d'organisation de Tokyo 2020, il dit dans un bref communiqué "ne pas avoir les moyens de connaître les détails des activités du Comité de candidature, puisque l'instance d'organisation n'a été créée qu'après la sélection de Tokyo".

"Nous pensons que les jeux ont été octroyés à Tokyo parce que la ville a présenté la meilleure candidature. Il ne reste que 18 mois avant le début des JO de Tokyo et nous avons l'intention de continuer à les préparer", ajoute le communiqué.

M. Takeda, 71 ans, dont les déboires judiciaires posent désormais la question de son maintien au sein du Comité international olympique (CIO), est soupçonné d'avoir autorisé deux versements suspects pour un total de 2,8 millions de dollars singapouriens (1,8 million d'euros) en 2013, pendant la campagne de candidature japonaise. En septembre 2013 à Buenos Aires, Tokyo avait décroché ses jeux par 60 voix contre 36 pour Istanbul.

L'information judiciaire française, ouverte en mai 2016, s'est intéressée aux deux paiements, effectués au profit de la société Black Tidings, à Singapour, sous le libellé "Tokyo 2020 Olympic Game Bid" en provenance d'un compte d'une banque japonaise.

"Je n'ai pas directement été impliqué dans le contrat avec Black Tidings", a assuré M. Takeda mardi.

Black Tidings était gérée par un consultant proche de Papa Massata Diack, personnage central de plusieurs affaires de corruption au sommet du sport mondial.

Se retranchant derrière les conclusions de l'enquête d'un panel de trois juristes désigné par le Comité olympique japonais en 2016, M. Takeda a répété lundi que la somme suspecte correspondait à des "rémunérations légitimes d'un consultant".

Selon lui, personne ne savait que Black Tidings était liée à Papa Massata Diack, dit "PMD".

Ancien puissant consultant marketing de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), présidée de 1999 à 2015 par son père Lamine Diack, lui-même membre influent du CIO, Papa Massata Diack est soupçonné d'avoir touché plusieurs millions d'euros de pots-de-vin sur des contrats de sponsoring ou pour favoriser les candidatures de Rio et de Tokyo aux JO de 2016 et 2020.

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