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Le prix Nobel "était devenu un gag" pour Philip Roth, selon Josyane Savigneau

Le prix Nobel
L'écrivaine Josyane Savigneau, le 7 novembre 2016 à ParisJACQUES DEMARTHON

Le prix Nobel de littérature, qui a toujours snobé le romancier américain Philip Roth, décédé mardi, "était devenu un gag pour lui", a affirmé mercredi l'écrivaine Josyane Savigneau.

"C'était devenu un gag pour lui. Chaque année on en parlait, c'était devenu drôle", a déclaré sur France Inter la journaliste. amie de l'écrivain qui lui rendait régulièrement visite, et à laquelle il avait accordé un rare et long entretien pour le quotidien Libération en septembre 2017.

"Le Nobel a quand même raté beaucoup de grands écrivains, n'est-ce pas? Proust, Joyce... je ne ferai pas toute la liste. (...) Et quand il a écrit 'La Bête qui meurt', qui est un livre assez sexuel, son agent l'a appelé: dis donc, tu viens encore de rater le Nobel!", a-t-elle raconté.

Philip Roth a été souvent donné parmi les favoris de la prestigieuse récompense décernée par l'Académie suédoise. Mais nombreux étaient ceux qui pensaient aussi qu'il ne l'aurait jamais, au profit d'auteurs moins célèbres de par le monde.

L'Américain a connu à la place à un autre honneur, en France, celui d'entrer de son vivant dans la collection la Pléiade, l'an dernier à 84 ans.

"Il était très content d'être dans la Pléiade. En octobre je lui ai apporté sa Pléiade. Il ne lit pas le français, mais il était vraiment content", a rapporté Mme Savigneau.

Elle est revenue sur son annonce fracassante, en 2012, qu'il arrêtait d'écrire.

"Il disait: j'en ai assez de cette discipline. Et je ne comprenais pas comment, après avoir été pendant 50 ans tous les jours à son poste de travail, on décide d'arrêter. Il disait: non, je suis allé plus loin que ce que je pouvais faire, j'en ai assez", a-t-elle expliqué.

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