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Le Tombeau des rois, propriété de la France à Jérusalem, rouvre ses portes

Le Tombeau des rois, propriété de la France à Jérusalem, rouvre ses portes
MENAHEM KAHANA

Le Tombeau des rois, site archéologique majeur et objet de controverses religieuse et politique à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée, a été rouvert jeudi par son propriétaire, la France, après une tentative ratée en juin.

Après presque dix ans de fermeture au public, la réouverture de ce joyau archéologique vieux de 2.000 ans, avait été émaillée il y a quatre mois d'échauffourées quand des juifs ultra-orthodoxes ont tenté d'entrer sur le site pour y prier, mais sans les billets ou réservations nécessaires.

Désormais, ce monumental ensemble funéraire taillé dans la roche est ouvert au public deux fois par semaine, mais les visiteurs doivent s'inscrire en ligne préalablement, a indiqué le Consulat français.

Les tombes ne sont plus accessibles pour des raisons de sécurité, mais les visiteurs peuvent contempler les bains rituels et la frise à l'extérieur.

Environ 30 personnes l'ont visité jeudi matin à l'ouverture, principalement des juifs ultra-orthodoxes pour prier à l'intérieur, sous haute surveillance policière.

"C'est un événement spécial", a déclaré à l'AFP Yehuda Twerski, un juif ultra-orthodoxe de 20 ans, originaire de New York.

"Nous allons y prier. Peut-être qu'avec des négociations en bonne et due forme, ce sera ouvert plus souvent au public".

Les juifs ultra-orthodoxes révèrent le site comme le lieu de sépulture de la reine Hélène d'Adiabène, convertie au judaïsme au Ier siècle de notre ère, et de notables juifs de la même époque.

Une procédure civile est en cours devant le tribunal de Paris pour contester le droit de propriété française acquise au XIXe siècle.

La requête a été déposée mi-mai par "Hekdesh du Tombeau des rois", une association cultuelle juive liée au grand rabbinat d'Israël, a indiqué jeudi à l'AFP son avocat Gilles-William Goldnadel. L'examen de cette requête par le tribunal devrait avoir lieu en 2020, estime-t-il.

"Ce n'est pas une question politique, mais de propriété et de liberté d'exercice du culte", a justifié Me Goldnadel, déplorant que des fidèles juifs soient contraints d'en passer par une visite payante et limitée pour prier dans ce lieu saint.

Les ultra-orthodoxes réclament un accès illimité au site. Les milieux archéologiques craignent eux que le lieu ne soit soustrait à la science au profit du culte.

Le remarquable exemple d'architecture funéraire de l'époque romaine, qui renfermait autrefois des sarcophages dans des chambres à alcôves, passe pour l'un des plus grands complexes de cette période dans la région.

Il est en butte aux querelles touchant à tout ce qui a trait à l'archéologie dans la Ville sainte.

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