Le Venezuela s'engage à "coopérer pleinement" avec l'ONU en matière de droits de l'homme

Le Venezuela s'engage à
Le ministre des Affaires étrangères du Venezuela Jorge Arreaza devant les diplomates du Conseil des droits de l'homme à Genève, le 11 septembre 2018Fabrice COFFRINI

Le ministre des Affaires étrangères du Venezuela a salué mardi l'arrivée de l'ancienne présidente chilienne à la tête du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, assurant qu'elle pouvait compter sur "l'entière coopération" de son pays.

"Le Conseil des droits de l'homme et la Haut-Commissaire peuvent compter sur l'entière coopération du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela et du président Nicolas Maduro", a déclaré Jorge Arreaza, devant les diplomates du Conseil à Genève.

Mme Bachelet a pris ses fonctions le 1er septembre, nommée par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour succéder au Jordanien Ra'ad Al Hussein, jugé par certains trop critique à l'égard des dirigeants de ce monde et pas assez consensuel.

Le Venezuela et le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ont eu jusqu'à présent des relations très tendues.

En septembre 2017, M. Zeid avait demandé, sans jamais l'obtenir, une enquête internationale sur l'usage excessif de la force par les autorités au Venezuela, estimant qu'il pourrait s'agir de crimes contre l'humanité.

Son bureau a publié des rapports sur le Venezuela mais le Haut-Commissariat n'a jamais reçu le feu vert des autorités pour se rendre sur place.

- "Tourner la page" -

M. Arreaza a estimé que l'arrivée de Mme Bachelet, avec qui il a eu un entretien lundi, allait marquer "une nouvelle étape de coopération".

"Nous tournons la page sur les quatre dernières années", a-t-il insisté.

S'adressant par la suite à un petit groupe de journalistes, le chef de la diplomatie du Venezuela a expliqué son pays n'allait pas inviter immédiatement Mme Bachelet: "il faut rétablir la confiance. Une fois les canaux de communication reconstruits, nous aurons les meilleures relations".

Mme Bachelet a fait, elle, lundi son premier discours devant le Conseil des droits de l'homme à Genève.

Ce discours - dont une version préparée a été envoyée aux médias - contenait des paragraphes concernant le Venezuela mais elle ne les a pas lus devant les diplomates.

Dans son discours préparé, Mme Bachelet a noté que depuis la publication en juin du dernier rapport du Haut-Commissariat, ce dernier "a continué de recevoir des informations sur les violations des droits économiques et sociaux - tels que des cas de décès liés à la malnutrition ou à des maladies qui peuvent être évitées - ainsi que sur les violations des droits civils et politiques".

Elle a souligne par ailleurs que le gouvernement du Venezuela "n'a pas fait preuve d'ouverture" pour mettre en place de "véritables mesures" en vue de juger les responsables de violences "lors des manifestations de 2017".

Les Vénézuéliens, étranglés par la crise économique, souffrent de pénuries qui touchent les produits de première nécessité, notamment les médicaments et les produits alimentaires. Selon l'ONU, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l'étranger, plus de 1,6 million ont fui depuis 2015.

M. Arreaza a expliqué aux journalistes que "ce sont des Vénézuéliens qui sont partis pour des raisons économiques, pas pour des raisons politiques" et a indiqué que le Venezuela avait mis en place un programme de retour.

"En une semaine seulement, plus de 4.000 personnes sont rentrées chez elles, qui ont été exploitées (...) dans des pays comme le Pérou, la Colombie, le Brésil", a-t-il détaillé.

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