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Le Zimbabwe va abolir une loi pénalisant les investisseurs étrangers

(Belga) Le Zimbabwe va abolir une loi pénalisant les investisseurs étrangers et accusée de ralentir la relance d'une économie moribonde, a annoncé jeudi le ministre des Finances.

L'Indigenisation Act, qui oblige les investisseurs étrangers à accorder jusqu'à 51% des parts des joint-ventures à leurs partenaires locaux, sera abrogée, a annoncé Mthuli Ncube à l'occasion d'une présentation budgétaire pour la deuxième partie de l'année 2019, au Parlement. Lorsque la loi avait été votée en 2008, le gouvernement avait expliqué qu'elle permettrait de valoriser la majorité noire, qui avait été désavantagée sous l'ère coloniale. Mais depuis, elle a été critiquée pour avoir essentiellement bénéficié aux alliés du président de l'époque Robert Mugabe et effrayé les investisseurs étrangers. Le chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa, qui a succédé à Robert Mugabe après son éviction à l'issue d'un coup de force en novembre 2017, a promis de revivifier l'économie. Il s'est aussi engagé à mettre fin à l'isolement de son pays sur la scène internationale, à attirer les investisseurs étrangers et à générer de la croissance pour doter le Zimbabwe de services publics décents. Mais depuis son arrivée au pouvoir, la situation économique a encore empiré, les prix atteignant des records. L'inflation annuelle s'est ainsi établie à 176% en juin, du jamais vu en une décennie. En 2009, ce pays avait été contraint d'abandonner sa devise, totalement dévaluée par une hyperinflation vertigineuse de plusieurs centaines de millions de pour cent, au profit du dollar américain et du rand sud-africain notamment. Mais en juin le Zimbabwe a mis fin à l'usage des dollars américains et autres devises étrangères. Les Zimbabwéens ne peuvent désormais plus payer qu'avec des "bond notes", des sortes d'obligations d'Etat imprimées depuis 2016, soit électroniquement ("dollars RTGS"). Ce "dollar zimbabwéen", qui reste immatériel, est la seule monnaie légale. Le ministre des Finances a en outre annoncé qu'il prévoyait d'augmenter le prix de l'électricité de 200 à 400% pour faire face aux pénuries, les Zimbabwéens étant confrontés à de très longues coupures d'électricité pouvant aller jusqu'à 19 heures par jour. (Belga)

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