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Les attentats de Paris font monter la pression sur les pourparlers de paix pour la Syrie

Les attaques sans précédent qui ont frappé Paris ont fait monter la pression samedi sur les participants aux pourparlers de Vienne sur la Syrie, plus décidés que jamais à lutter contre le "terrorisme" mais profondément divisés sur le sort du régime de Damas.

Le groupe jihadiste Etat islamique a revendiqué samedi le carnage sans précédent perpétré la veille au soir à Paris qui a fait au moins 128 morts et 250 blessés et provoqué une onde de choc mondiale.

A Vienne où dix-sept pays et représentants de trois organisations internationales sont réunis autour des chefs des diplomaties américaine et russe, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a jugé "plus que jamais nécessaire" de "coordonner la lutte internationale contre le terrorisme".

"Il y a une chose que nous pouvons dire à ces gens, c'est que ce qu'ils font renforce notre déterminations, à tous, pour contre-attaquer", a déclaré son homologue américain John Kerry.

De son côté, le russe Sergueï Lavrov a estimé que les attentats de Paris "justifiaient" d'intensifier la lutte contre des organisations radicales armées telles que le groupe Etat islamique (EI) ou le Front al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a jugé que les attaques donnaient désormais une "autre signification" aux pourparlers de Vienne, exprimant l'espoir que "les Européens, les Arabes, l'Est, l'Ouest, (...) tous touchés par le terrorisme (...)" soient capable de "s'unir", "dépasser (leurs) différences" pour "rechercher ensemble une voie pour la paix en Syrie".

Mais les grandes puissances réunies à la table des négociations depuis environ 10h00 GMT affichent encore des divergences flagrantes sur les contours d'une éventuelle solution politique pour mettre fin au conflit syrien.


"Aucune décision" à Vienne 

Parmi la vingtaine de délégations présentes, l'Iran et la Russie, derniers soutiens du régime syrien, s'opposent aux Etats-Unis et leurs alliés arabes et européens, sur l'avenir du dirigeant Bachar al-Assad et sa place dans une éventuelle transition politique en Syrie.

"Je ne peux pas vous dire (...) que nous sommes au seuil d'un accord complet. Non. Il reste beaucoup de travail à faire", avait reconnu le chef de la diplomatie américaine John Kerry jeudi.

Une première réunion multilatérale le 30 octobre à Vienne sur la Syrie avait donné lieu à un communiqué commun consensuel, les grandes puissances et les pays de la région s'accordant pour tenter d'esquisser les contours d'une transition politique.

Pour tenter de mettre fin à une guerre qui a fait au moins 250.000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011, les participants s'étaient entendus pour charger l'ONU d'obtenir un cessez-le-feu, ouvrant la voie à la tenue d'élections.

Mais la nouvelle étape au menu des discussions de Vienne (dresser une liste d'opposants syriens susceptibles de discuter avec Damas) s'annonce extrêmement compliquée.

Là aussi, Russie et Iran s'opposent aux Etats-Unis et à leurs alliés sur les groupes devant être qualifiés de "terroristes" et ceux pouvant être considérés comme appartenant à l'opposition.

Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Amir Abdollahian, a averti depuis Vienne que les réunions préparatoires des derniers jours, pour établir ces listes "n'ont pas été couronnées de succès", soulignant que Téhéran et Moscou n'y avaient d'ailleurs pas participé. "La réunion de Vienne ne prendra aucune décision sur l'avenir de la Syrie", a-t-il averti. Ni le régime syrien, ni ses opposants ne sont présents à Vienne.

Pour Washington, le "succès" des efforts diplomatiques sera aussi étroitement lié à l'évolution du rapport de force sur le terrain où les Etats-Unis pilotent depuis plus d'un an une coalition internationale qui mène des frappes contre l'EI en Syrie et en Irak voisin.

Les forces kurdes irakiennes ont annoncé avoir repris vendredi, à la faveur d'une offensive éclair, la ville de Sinjar à l'EI, dernier d'une série de revers des jihadistes.

Les Etats-Unis ont aussi probablement tué dans un bombardement jeudi le bourreau britannique du groupe Etat islamique (EI) "Jihadi John", devenu emblématique de la cruauté de l'organisation jihadiste.

De leur côté, les forces du régime syrien, appuyées par les frappes russes, ont aussi remporté deux importantes victoires cette semaine contre la rébellion dans la région d'Alep, après avoir piétiné durant plus d'un mois.

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