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Les entreprises américaines en Chine pessimistes pour 2019

Les entreprises américaines en Chine pessimistes pour 2019
Des conteneurs au port de Long Beach, le 16 février 2019 à Los AngelesMark RALSTON

Hantées par le conflit commercial, les entreprises américaines présentes en Chine sont pessimistes pour l'année en cours, près d'un quart d'entre elles prévoyant de retarder des projets d'investissement.

D'après une étude menée auprès des membres de la Chambre de commerce américaine en Chine, 89% des entreprises interrogées sont pessimistes à l'égard de la relation commerciale bilatérale.

L'étude a été réalisée à la fin de l'an dernier, au plus fort des tensions commerciales entre les deux pays. Elle est publiée mardi alors même que Pékin et Washington rivalisent désormais d'optimisme quant à l'issue du différend, le président américain Donald Trump ayant même annoncé lundi un projet de sommet avec son homologue chinois Xi Jinping pour "signer" un accord commercial -- à une date non précisée.

"Nos membres espèrent que l'incertitude, les pertes et les retards provoqués par les négociations et les tensions commerciales en auront valu la peine", a observé le président de la Chambre, Tim Stratford, en présentant le rapport.

"Autrement, cela aura été un énorme gâchis", a-t-il ajouté.

Les droits de douane imposés mutuellement par les Etats-Unis et la Chine sur leurs produits ont pénalisé les entreprises américaines en augmentant leurs coûts de production et en pesant sur la demande des consommateurs chinois. Certaines ont dû licencier des salariés, selon l'étude.

La guerre commerciale arrive en tête des préoccupations des 314 entreprises qui ont répondu à l'étude, quel que soit leur secteur d'activité. Les trois quarts disent s'attendre à ce que la relation bilatérale se détériore ou se maintienne en l'état en 2019.

Près des deux tiers expliquent que les tensions commerciales affectent leur développement en Chine et un quart ont d'ores et déjà décidé de retarder des investissements.

Le conflit a ralenti les inspections en douane et augmenté les formalités administratives pour beaucoup d'entreprises, selon la Chambre. Résultat, environ un tiers des sociétés ont délocalisé tout ou partie de leur production hors du pays ou prévoient de le faire.

- Maintenir les droits de douane -

L'accès au marché reste problématique pour les trois quarts environ des répondants.

"Notre secteur d'activité, qui implique d'importer des produits agricoles, n'a fait que se compliquer d'année en année depuis que je suis arrivé en Chine", témoigne dans l'étude un responsable d'entreprise anonyme.

Comme en écho aux griefs de l'administration Trump, un tiers des entreprises américaines disent que les violations de la propriété intellectuelle les ont conduites à limiter leurs investissements en Chine. La proportion monte à la moitié dans les secteurs technologique et industriel.

Mais 59% des entreprises reconnaissent que la situation s'est améliorée dans ce domaine au cours des cinq dernières années.

Le ralentissement de la croissance chinoise inquiète les entreprises américaines: plus de la moitié misent sur un taux inférieur à 5% cette année, soit encore moins que le score de 2018 (+6,6%), qui était le plus mauvais résultat depuis 28 ans.

Aux yeux des entrepreneurs américains, les droits de douane auront en tout cas forcé les deux pays à s'asseoir à la table des négociations afin de s'attaquer sérieusement à leurs différends, a estimé M. Stratford.

Selon lui, une autre enquête réalisée la semaine dernière par la Chambre a révélé qu'une majorité d'entreprises souhaitaient le maintien des droits de douane "d'une façon ou d'une autre" pendant la durée des négociations.

Donald Trump a annoncé dimanche qu'il reportait sine die une nouvelle hausse des droits de douane dont il menaçait la Chine à compter du 1er mars.

Certains commentateurs disent à présent redouter que le président Trump ne signe un accord qui augmenterait les importations chinoises de produits américains sans résoudre les problèmes structurels auxquels font face les entreprises de son pays: transferts forcés de technologie, pillage de la propriété intellectuelle, subventions aux entreprises publiques.

"Si nous ne nous attaquons pas aux problèmes structurels, nous ne remettrons pas durablement les relations commerciales sur de bons rails", a averti M. Stratford.

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