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Les flux de migrants à la frontière sud des Etats-Unis inédits depuis 2006

 
 

Les arrestations de migrants à la frontière des Etats-Unis avec le Mexique ont atteint en mars leur plus haut niveau en quinze ans, selon des statistiques publiées jeudi qui accentuent la pression sur le président Joe Biden, accusé par l'opposition de minimiser la crise.

Plus de 172.000 personnes ont été appréhendées par les gardes-frontières le mois dernier après être entrées illégalement sur le sol américain, soit 71% de plus qu'en février.

Parmi elles, se trouvent toujours plus de mineurs isolés, dont le nombre a doublé pour s'établir à 18.890 arrivées, un record historique, selon les données des services des douanes et des gardes-frontières (CPB). La hausse la plus importante concerne toutefois les migrants arrivés en famille, passés d'environ 20.000 en février à 53.823 en mars.

Ces flux avaient commencé à augmenter en 2020 mais ont clairement bondi depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden. Ils posent un défi humain, logistique et financier considérable à l'administration démocrate, qui s'est engagée à ne pas refouler les mineurs non accompagnés.

Plus de 20.000 d'entre eux sont actuellement hébergés dans des structures d'accueil gouvernementales, dont certaines peu adaptées à la prise en charge de jeunes enfants. Dix centres temporaires ont également été ouverts récemment pour pallier le manque de place dans les structures pérennes.

Or les coûts de fonctionnement de ces camps provisoires sont élevés et les Etats-Unis dépensent actuellement 60 millions de dollars par semaine pour la prise en charge de ces mineurs, selon des données obtenues par le Washington Post.

Les agents "font ce qu'ils peuvent pour s'occuper au mieux de ces mineurs isolés mais la situation est intenable", a reconnu l'élue démocrate Veronica Escobar lors d'une conférence de presse, en prônant l'ouverture de nouvelles voies d'immigration légale pour tarir ces flux de clandestins.

- Hiver -

De leur côté, les républicains accusent Joe Biden d'avoir causé un "appel d'air" en assouplissant les politiques migratoires de son prédécesseur Donald Trump, et d'ignorer le problème ainsi créé.

"Cinq fois plus d'arrivées qu'en mars 2020 et le président Biden n'a toujours pas de plan viable", a tweeté le sénateur Tom Cotton. "Le chaos à la frontière aurait pu être empêché si on avait gardé les politiques du président Trump, qui fonctionnaient", a renchéri l'élu de la Chambre des représentants Jim Jordan sur la chaîne Fox News.

Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden a suspendu les expulsions de sans-papiers, introduit un projet de loi pour leur offrir un chemin vers la citoyenneté et commencé à admettre une partie des demandeurs d'asile qui patientaient depuis des mois dans des camps au Mexique.

Face à la presse le 25 mars, le démocrate a défendu son approche. "Je ne vais pas m'excuser d'avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine", a-t-il lancé. "Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière l'hiver" parce que les migrants "ont moins de chances de mourir de chaud dans le désert", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué jeudi, les gardes-frontières ont tenu un discours comparable. "Nous faisons face à une augmentation des arrivées et des arrestations, ce n'est pas nouveau", a écrit leur directeur Troy Miller: la hausse a "débuté en avril 2020 et nos expériences passées nous ont préparés aux défis de cette année".

- Expulsés -

En mars, près de 104.000 migrants interpellés ont immédiatement été refoulés en vertu de règles adoptées pour empêcher la propagation du virus Covid-19, ont souligné les gardes-frontières sans préciser ce qu'il était advenu des autres.

En théorie, les adultes isolés et les familles sont renvoyés de l'autre côté de la frontière, mais les autorités mexicaines n'acceptent pas toutes les familles, notamment celles ayant des enfants de moins de six ans.

La moitié des migrants interceptés sont originaires d'Amérique centrale, notamment du Guatemala, du Honduras et d'El Salvador, d'où ils fuient la pauvreté et la violence des gangs de narcotrafiquants. Plus de 62.000 sont mexicains, d'après les statistiques des CPB.

Le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas s'est rendu au Texas jeudi, où il a notamment rencontré des responsables associatifs, loin des médias.




 

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