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Les importations chinoises dans le collimateur de Trump

Chine

Donald Trump pourrait passer prochainement à l'offensive contre la Chine en taxant cette fois lourdement les importations en provenance de ce pays, accusé de dérober la propriété intellectuelle des entreprises américaines et de largement subventionner ses exportations.

Le président américain, en guerre contre le déficit commercial qui détruit, selon lui, emplois et entreprises américaines, envisagerait d'imposer à Pékin des droits de douanes sur un volume d'importations équivalentes à 60 milliards de dollars, ont rapporté les médias américains.

Il avait déjà imposé, fin janvier, des droits de sauvegarde sur les panneaux solaires en provenance de Chine.

En 2017, les importations de marchandises chinoises aux Etats-Unis se sont élevées à quelque 505 milliards de dollars et le déficit commercial (hors services) s'est établi à 375 milliards.

Les taxes envisagées viseraient en particulier les secteurs de la technologie et des télécommunications. Et une centaine de produits chinois seraient concernés, a par ailleurs indiqué à l'AFP une source proche des discussions.

Larry Kudlow, le tout nouveau conseiller économique de Trump désigné mercredi à ce poste, n'a pas confirmé ces chiffres. Pour autant, il a souligné que "la Chine ne respectait pas les règles depuis longtemps".

"Je pense que la Chine mérite une réponse plus ferme de la part des Etats-Unis et je pense aussi que les Etats-Unis pourraient mener une coalition contre la Chine regroupant de grands partenaires commerciaux et alliés", a-t-il suggéré.

Cette proposition fait écho aux propos récemment tenus par le Premier ministre du Canada, premier partenaire commercial des Etats-Unis.

Justin Trudeau, qui avait accusé lundi la Chine d'inonder le marché mondial avec de l'aluminium et de l'acier à des prix au rabais, s'était lui-même dit "prêt à étudier" avec les Américains les moyens de lutter davantage contre le dumping pratiqué par Pékin.

- 'Coalition' -

Outre les panneaux solaires, le département du Commerce a multiplié depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche les recours aux droits compensateurs et droits de douanes sur les importations jugées inéquitables. Du 20 janvier 2017 au 13 mars 2018, il a ainsi initié 102 enquêtes pour des subventions et dumping présumées, soit une progression de 96% par rapport à la même période de 2016-2017.

La semaine dernière, le milliardaire avait promulgué des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur les importations d'aluminium, exemptant toutefois provisoirement le Canada et le Mexique, ses partenaires au sein du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) en cours de renégociation.

Larry Kudlow a fait part de son soulagement face à cette décision d'exempter deux partenaires clés. "Je pense que nous ne devrions pas punir nos amis pour punir nos ennemis", a-t-il réagi alors que ces mesures ont suscité un flot de critiques à l'international comme aux Etats-Unis.

L'Union européenne a brandi la menace de représailles qui entraîneraient une guerre commerciale.

Des experts ont, entre autres, mis en garde sur les risques de hausses des prix qui pourraient frapper consommateurs et entreprises américaines à l'instar de Boeing. D'ailleurs, mercredi le titre Boeing a cédé près de 2,5% à Wall Street au moment même où le président américain visitait une des usines du constructeur aéronautique.

Le prix de l'acier utilisé pour le secteur de la construction dans la ville de New York a augmenté de manière très significative depuis fin 2017, les tarifs de l'administration Trump ayant été anticipés, souligne également la revue spécialisée Crain's, qui a interrogé plusieurs entreprises du secteur.

"Nous n'avons rien vu de tel en 16 ans", a ainsi déclaré Darren Kahn, un responsable des ventes du distributeur d'acier Triad Metals International. "C'est comme si je vendais de l'or à présent", a-t-il réagi, cité par Crain's.

"Nous ne pouvons pas rester aveugles face aux pratiques commerciales effrénées et injustes contre notre pays!", a lancé Donald Trump mercredi dans un tweet, faisant fi des critiques.

La Chine n'est pas la seule visée. Le représentant américain du Commerce (USTR) Robert Lighthizer s'en est de son côté pris à l'Inde en annonçant une plainte auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour dénoncer des subventions aux exportations accordées par New Delhi à ses entreprises.

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