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Les Irakiens votent pour la première fois après la chute de l'EI: les chrétiens se demandent s'ils ont toujours un avenir dans le pays

Les Irakiens ont voté ce samedi pour décider si le Premier ministre Haider al-Abadi, parvenu en 2014 à son poste grâce un accord tacite entre les Etats-Unis et l'Iran, resterait aux manettes après l'avoir emporté sur les jihadistes. Près de 24,5 millions d'inscrits devaient élire les 329 députés du futur Parlement. L'un des enjeux du vote est le maintient d'une société multi-ethnique, au sein de laquelle les chrétiens se demandent s'ils ont toujours une place, comme l'explique notre journaliste Jean-Pierre Martin.

L’Etat islamique a détruit les églises, les maisons. Tous les signes qui attestent de la présence des chrétiens depuis près de deux mille ans dans la région de Mossoul. Avant d’être prise par les djihadistes en 2014, Qaraqosh, aussi appelée Bakhdida, était la plus grande ville chrétienne d’Irak.
 
Au milieu des ruines, de grands panneaux électoraux invitent la population à voter. Les soldats de l’armée irakienne veillent sur ce scrutin crucial pour la reconstruction du pays. La peur est encore là.
 
Majid nous montre ce qu’il reste de sa maison. Dans les cendres, il cherche des souvenirs pour se raccrocher à cette ville où il espère revivre malgré tout. "On veut rester sur cette terre!", confie-t-il.

Les djihadistes de l’Etat islamique avaient chassé les chrétiens de Mossoul et de Qaraqosh. Ils avaient enlevé les femmes... Pour ceux qui ont vécu ce cauchemar, il est impossible d’oublier.

Au moment de voter, les chrétiens se demandent s’il y a encore une place pour eux en Irak, si demain d’autres djihadistes ne les pousseront pas encore une fois à l’exode. "Si rien ne change, l’exode des chrétiens continuera. Nous avons construit cette civilisation et elle disparaîtra", affirme Fadel. "Nous avons toujours été discriminés, marginalisés par les autorités, en tant que chrétiens nous n’avions pas de droit", explique de son côté Mossayar.
 
Seulement un tiers de la population de Qaraqosh est revenue. En dépit des incertitudes, la vie reprend et les maisons détruites retrouvent des murs. "Tout a dû être refait. Le toit, les murs, la cuisine… tout!", indique un ouvrier qui travaille dans un bâtiment en chantier.

L’existence d’un Irak multi-ethnique, et la coexistence des différentes communautés constituent l’un des enjeux les plus importants des élections en cours.

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