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Les trois Américains détenus en Corée du Nord

Les trois Américains détenus en Corée du Nord
Photo fournie par l'agence nord-coréenne Kcna le 25 mars 2016 montrant l'Américain d'origine coréenne Kim Dong Chul, lors d'une conférence de presse à PyongyangKCNA

En dépit des années d'hostilité entre Washington et Pyongyang, des milliers d'Américains ont visité le pays reclus avant que le département d'Etat américain n'interdise en septembre à ses ressortissants de s'y rendre.

La Corée du Nord était connue pour sa propension à arrêter les Américains et les utiliser comme monnaie d'échange. Souvent, ils n'ont été libérés qu'à l'issue de visites de personnalités américaines.

Les motifs des visiteurs américains étaient multiples: tourisme, affaires, travail humanitaire ou activités missionnaires.

Six Sud-Coréens ont également été arrêtés depuis 2013, trois missionnaires chrétiens et trois transfuges d'origine nord-coréens.

Le président américain Donald Trump a laissé entendre mercredi qu'un dénouement était proche pour les trois Américains détenus en Corée du Nord. Selon certaines sources, ils auraient été déplacés avant une possible libération.

Ce développement survient en amont d'un sommet prévu entre le chef de la Maison Blanche et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, inimaginable il y a à peine quelques mois.

Voici quelques éléments sur les prisonniers américains.

Kim Hak-song

Kim Hak-Song travaillait pour l'Université des Sciences et de la Technologie de Pyongyang (USTP) lors de son arrestation en mai 2017.

M. Kim effectuait des travaux de développement agricole dans la ferme expérimentale de l'établissement.

Il a été arrêté à la gare de Pyongyang alors qu'il montait dans un train pour rentrer chez lui, dans la localité chinoise de Dandong, sous l'accusation d'avoir commis des "actes hostiles" contre le gouvernement.

Né à Jilin, en Chine, M. Kim, âgé d'une cinquantaine d'années, fit ses études dans une université californienne, selon CNN qui cite un ancien camarade de classe. Il était rentré en Chine après avoir passé une dizaine d'années aux Etats-Unis, selon la même source.

L'université USTP, fondée par des évangélistes chrétiens étrangers, a ouvert ses portes en 2010 et compte un certain nombre d'enseignants américains. Ses élèves sont généralement les enfants de l'élite.

Kim Sang-duk

Kim Sang-Duk, également connu sous le nom de Tony Kim, avait été arrêté en avril 2017 au principal aéroport de Pyongyang alors qu'il tentait de quitter le pays après y avoir enseigné pendant plusieurs semaines. Il travaillait également pour la USTP.

M. Kim est un ancien professeur de l'Université des Sciences et de la Technologie de Yanbian en Chine, proche de la frontière avec la Corée du Nord. D'après son site internet, il enseigne la comptabilité.

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, il approche les 60 ans. Il participait à des programmes d'aide à l'enfance dans des zones rurales de Corée du Nord. Yonhap le décrivait comme "un homme très pieux".

Son fils a déclaré sur Facebook que la famille n'avait aucun contact avec lui depuis son arrestation. Il va bientôt devenir grand-père, ajoutait la famille.

Kim Dong-chul

Kim Dong-Chul, un homme d'affaires âgé d'une soixantaine d'année, a été condamné en avril 2016 à 10 ans de travaux forcés après son arrestation pour subversion et espionnage.

Il avait été arrêté en octobre 2015 au moment où il prenait possession d'une clé USB contenant des données en rapport avec le nucléaire et d'autres informations militaires, selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Dans un entretien avec CNN de janvier 2016, M. Kim expliquait avoir reçu le matériel en question des mains d'un ancien soldat nord-coréen. Il ajoutait qu'il était naturalisé américain et qu'il vivait à Fairfax, en Virginie. Il racontait avoir dirigé à une époque une entreprise de commerce et de services hôteliers à Rason, zone économique spéciale nord-coréenne proche de la frontière avec la Chine et la Russie.

Un mois avant son procès, il était apparu lors d'une conférence de presse organisée par les autorités nord-coréenne pour s'excuser d'avoir tenté de dérober des secrets militaires en collusion avec la Corée du Sud. Le renseignement sud-coréen avait démenti toute implication.

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