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Libye: Bachir Saleh est bien visé par un mandat d'arrêt transmis par Interpol

 
 

L'ex-dignitaire libyen proche du colonel Kadhafi, Bachir Saleh, qui se trouve actuellement en France, fait bien l'objet d'un mandat d'arrêt signalé par Interpol à la demande de Tripoli, a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi.

Interrogé par RTL lundi matin, le Premier ministre, François Fillon, avait affirmé qu'il n'y avait "aucune trace d'un mandat international" visant Bachir Saleh, ajoutant: "J'imagine que le gouvernement français serait au courant".

Interpol a cependant publié une notice rouge, consultable sur internet, concernant un certain Bashir Al-Shrkawi, de nationalité libyenne, qui est recherché pour fraude par Tripoli.

Joint par téléphone, Me Ceccaldi a confirmé que M. Shrkawi était bien Bachir Saleh, et s'est insurgé contre la notice rouge diffusée par Interpol.

"Comment Interpol peut-il diffuser un ordre d'arrestation provisoire à la demande des autorités libyennes?", a-t-il demandé. "Qu'est ce que la Libye? Les islamistes de Tripoli? Les sécessionnistes de Bengazi? Les bandes armées de Misrata?"

"Quel pays démocratique prendrait le risque d'arrêter quelqu'un pour le transférer en Libye?" a-t-il poursuivi, tout en s'interrogeant sur les raisons des poursuites libyennes.

"M. Saleh a vécu pendant trois mois en Libye après la chute de Kadhafi avant de passer librement en Tunisie par un poste frontière", a-t-il ajouté, confirmant par ailleurs que son client possédait un passeport diplomatique nigérien.

Ancien président d'un fonds d'investissement libyen en Afrique, M. Saleh a été accusé par Mediapart d'avoir été le destinataire d'une note portant sur un soutien libyen à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Me Ceccaldi a rejeté ces accusations.

"Ce genre de question n'entrait pas dans les prérogatives de M. Saleh", a déclaré Me Ceccaldi, précisant qu'en 2006, son client n'était plus directeur de cabinet de M. Kadhafi.

"Croyez-vous que dans des affaires de cette nature, un PV serait dressé?", a-t-il interrogé au sujet de la note publiée par Mediapart.

L'ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye qui vit en exil à Doha, Moussa Koussa, que Mediapart a présenté comme le signataire de la note, a qualifié dimanche ce document de faux.

Les notices rouges sont l'un des moyens par lesquels Interpol informe ses pays membres qu'une demande d'arrestation et d'extradition a été délivrée par une autorité judiciaire à l'encontre d'une personne. Il ne s'agit pas de mandats d'arrêt internationaux, Interpol n'envoie pas de policiers arrêter la personne.

Interpol respecte la souveraineté de chaque Etat, ainsi chaque membre est libre d'engager ou non les moyens pour procéder à l'interpellation si la personne recherchée se trouve sur son territoire.


 




 

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