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Libye: qui est le "Glaive de l'Islam", fils de Kadhafi?

Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, qui a proposé un plan de réformes dimanche soir pour que son pays évite la guerre civile, est régulièrement présenté comme le futur successeur de son père, même s'il s'en défend publiquement.

Homme d'influence, Seif Al-Islam, 38 ans, n'occupe pas de fonction officielle. Mais il s'est distingué ces dernières années comme l'émissaire le plus fiable du régime et l'artisan des réformes, soucieux de normaliser les relations de la Libye avec l'Occident. En exposant le 20 août 2007 un projet de modernisation de son pays, il a relancé les spéculations sur la question de la succession, même si, a-t-il dit, "la Libye ne deviendra pas une dynastie, une monarchie ou une dictature".
 

Un an plus tard, il annonce son retrait de la vie politique, affirmant avoir mis le "train des réformes sur les rails", tout en appelant à la construction d'une société civile "forte" pour s'élever contre tout dérapage au sommet de l'Etat. Il dénonce une bureaucratie pléthorique contre laquelle il a dû mener "des batailles" pour imposer ses réformes et affirme qu'il intervenait dans les affaires de l'Etat par "obligation", en l'absence d'institutions.
 
Se présentant avant tout comme ambassadeur de l'humanitaire aussi bien en Libye qu'aux quatre coins du monde à travers l'association caritative qu'il a créée en 1997, il s'est fait connaître surtout lors de sa médiation dans l'affaire des infirmières bulgares libérées en juillet 2007 après plus de huit ans de détention en Libye. Il est intervenu aussi à plusieurs reprises dans des négociations internationales par le biais de sa Fondation Kadhafi pour le développement.

Un ingénieur architecte avec une formation internationale

Né le 25 juin 1972 à Tripoli, le "Glaive de l'Islam" -son nom en arabe- est le fils aîné de la seconde épouse du dirigeant libyen et le deuxième de ses huit enfants. Il obtient en 1995 un diplôme d'ingénieur architecte à l'université al-Fateh de Tripoli, d'où son surnom d'"ingénieur Seif". Son père le charge alors de concevoir un grand complexe immobilier avec hôtels, mosquée et logements.
 
Cinq ans plus tard, cet homme svelte aux allures de playboy poursuit sa formation en étudiant la gestion à Vienne (Autriche), où il obtient un diplôme de l'International Business School. C'est à cette époque qu'il noue une amitié durable avec Jörg Haider, le chef de la droite populiste autrichienne. Enfin, c'est à Londres qu'il a achevé sa carrière universitaire avec un doctorat de la London School of Economics.

Des otages libérés grâce à sa fondation

Personnalité en vue à Tripoli où il s'est lancé dans les affaires, il fait son apparition sur la scène internationale en 2000 lorsque sa fondation négocie la libération d'otages occidentaux détenus par un groupe d'extrémistes islamistes aux Philippines. Anglophone, germanophone et parlant un peu français, s'exprimant avec calme et pondération, il est alors dépeint dans la presse comme le nouveau visage respectable d'un régime longtemps accusé de soutien au terrorisme.
 
C'est également lui qui négocie les accords d'indemnisation des familles des victimes de l'attentat de Lockerbie en 1988 et contre un DC-10 d'UTA en 1989. Le fils du leader libyen mène campagne pour l'ouverture de son pays aux médias privés. Il a réussi à lancer en août 2007 la première chaîne de télévision privée ainsi que les deux premiers journaux privés du pays.

Sa fondation se retir de la vie politique

Mais depuis 2009, son programme de réformes a connu des revers, notamment dans le domaine de la presse. Plusieurs "médias privés" de la société Al-Ghad, sous la tutelle de Seif Al-Islam, ont ainsi été nationalisés ou fermés.  En décembre dernier, sa Fondation a annoncé à son tour son retrait de la vie politique locale, affirmant qu'elle se consacrait désormais aux oeuvres de bienfaisance à l'étranger, privant ainsi le pays d'une importante carte diplomatique.
 
Célibataire à la mise branchée, affectionnant des lions domestiqués, amateur de pêche sous-marine, de chasse au faucon et de randonnées à cheval, Seif Al-Islam s'adonne également à la peinture.

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