Libye: "situation intenable" pour les journalistes sept ans après la révolte

Libye:

(Belga) La liberté de l'information vit une crise sans précédent en Libye, contraignant la plupart des journalistes à déserter le pays, sept ans après la révolte ayant mis fin au régime autoritaire de Mouammar Kaddafi, a estimé vendredi Reporters sans frontières (RSF).

"Depuis 2011, la situation sécuritaire et la crise politique ont anéanti la liberté de la presse naissante dans le pays", a estimé l'ONG, dénonçant l'impunité dont jouissent les auteurs d'exactions contre les reporters. "La situation pour les journalistes et les médias est intenable en Libye", souligne RSF. "Le pays se vide de ses journalistes qui préfèrent s'exiler pour pouvoir poursuivre leur mission d'information ou choisissent d'arrêter toute activité devenue trop dangereuse". Aujourd'hui, des dizaines de milices et deux autorités se disputent le pouvoir dans un pays morcelé. Un gouvernement d'union nationale (GNA) issu d'un accord parrainé par l'ONU est basé à Tripoli et un gouvernement parallèle contrôle l'Est avec le soutien du puissant maréchal Khalifa Haftar, qui conteste la légitimité du GNA. "Cette guerre politique met à mal l'indépendance du journalisme et les journalistes deviennent ainsi des cibles privilégiées à abattre", a noté RSF. "Devant la polarisation de la situation politique, informer est devenu une mission quasi-impossible et faire taire les journalistes l'objectif de nombreuses milices armées ou d'officiels des deux camps ennemis", selon RSF. Au moins 18 journalistes ont été tués depuis la révolution de 2011, selon l'ONG. "Plusieurs cas de disparitions, d'enlèvements et de tortures ont également été recensés par RSF, notamment cette année. Dans la plupart des cas, terrorisées, les victimes ou leurs familles préfèrent garder l'anonymat". Dans ce contexte et face à l'impunité qui règne, les journalistes n'ont souvent d'autre choix que de partir. Le pays s'est ainsi progressivement vidé de ses journalistes et médias. Selon les chiffres de RSF, 67 journalistes se sont exilés et huit médias diffusent désormais depuis d'autres pays du Moyen-Orient. (Belga)

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