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Longtemps absent, le climat s'invite cette fois dans la présidentielle américaine

Largement négligée dans la présidentielle américaine de 2016, la lutte contre le changement climatique domine le début de campagne de la primaire démocrate pour 2020, comme en témoigne encore l'entrée en piste vendredi d'un gouverneur qui en a fait son combat, face à un Donald Trump climatosceptique.

Surnommé le "guerrier du climat", le gouverneur démocrate de l'Etat de Washington Jay Inslee a annoncé vendredi qu'il se présentait à la présidentielle avec un objectif: "Vaincre le changement climatique".

Gouverneur de cet Etat du nord-ouest des Etats-Unis mêlant high-tech, agriculture et paysages naturels époustouflants, il rejoint ainsi, à 68 ans, une longue liste de démocrates à se déclarer prêts à en découdre avec le républicain Donald Trump.

"Nous sommes la première génération à ressentir la douleur cinglante du changement climatique et nous sommes la dernière qui puisse faire quelque chose à ce sujet", avertit-il.

Ayant déjà fait de son Etat un laboratoire des politiques environnementales, le premier gouverneur à entrer dans la course se lance car il pense "être le seul candidat qui fera de la défaite du changement climatique la priorité numéro un" des Etats-Unis.

Pourtant, le climat occupe déjà une place inédite du côté des candidats à la primaire démocrate.

Le contraste promet d'être frappant avec 2016, lorsque la lutte contre le changement climatique avait à peine été abordée lors des débats présidentiels entre Donald Trump et sa rivale démocrate, Hillary Clinton.

Les six sénateurs démocrates candidats --Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Kamala Harris, Cory Booker, Amy Klobuchar et Kirsten Gillibrand-- ont chacun décroché en 2018, sur la base de leurs initiatives et votes dans l'hémicycle, la note maximale accordée par un groupe de pression environnemental, la "'League of Conservation Voters".

Candidat pressenti, l'ancien maire de New York et puissant homme d'affaires Michael Bloomberg a lui déjà dépensé des millions, via sa fondation, Bloomberg Philanthropies, pour la lutte contre le changement climatique.

Incendies monstre, ouragans, sécheresse: dans un pays marqué ces dernières années par des catastrophes naturelles spectaculaires liées au climat, l'environnement a déjà occupé une place plus importante du coté démocrate lors des élections parlementaires de novembre 2018, résonnant notamment chez les jeunes.

Ce mouvement fait écho à un net virage plus large à gauche chez les démocrates, notamment sur la fiscalité et la réforme du système de santé.

- "Eliminer tous les avions" -

En face, Donald Trump revendique haut et fort ses positions climatosceptiques, érigeant en épouvantail un ambitieux plan environnemental démocrate, le "Green New Deal", aux contours encore flous.

Les démocrates veulent "éliminer tous les avions, voitures, vaches, pétrole, l'essence et l'armée", lance le président américain en avertissement à ses partisans.

Et l'opposition a dénoncé cette semaine le projet prêté à Donald Trump de créer un panel d'experts validant ses thèses universellement contestées par la communauté scientifique.

Le milliardaire avait retiré dès juin 2017 les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Ironie: ce retrait ne pourra être effectif que le 4 novembre 2020, soit au lendemain de l'élection présidentielle américaine.

"Au premier jour de ma présidence, je nous réinscrirai dans l'accord international sur le climat", avait promis la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar en annonçant sa candidature en plein air, sous la neige.

Une image qui avait inspiré un tweet moqueur à Donald Trump sur la sénatrice, qui parle "fièrement de combattre le réchauffement climatique en pleine tempête de neige et températures glaciales".

"La science est de mon côté, @realdonaldtrump. Hâte de débattre avec vous du changement climatique", lui avait rétorqué la sénatrice sur Twitter.

Ces profondes divergences marquent une nette différence stratégique dans chacun des partis face à deux bases électorales qui n'accordent pas la même importance à la lutte contre le changement climatique.

Mais si les électeurs républicains modérés restent bien moins préoccupés que les démocrates modérés par le réchauffement climatique --80% contre 54%, selon une enquête de l'université de Yale--, l'augmentation du niveau de préoccupation des plus conservateurs au cours des cinq dernières années (+18 points) est pratiquement aussi marquée que celle des démocrates modérés et centristes (+19 points).

Les chercheurs concluaient, le 21 février: "Une majorité croissante d'Américains pensent que le réchauffement climatique est réel, comprennent qu'il est provoqué par les humains et sont inquiets de ses conséquences".

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