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Maldives: la présidentielle ne sera pas "libre et équitable", avertissent des observateurs

Maldives: la présidentielle ne sera pas
Le président des Maldives Abdulla Yameen, lors d'un meeting de campagne à Malé, le 7 septembre 2018Ahmed SHURAU

L'élection présidentielle qui se tient dimanche aux Maldives ne sera pas "libre et équitable", en raison de la répression menée par le chef de l'Etat Abdulla Yameen contre ses rivaux, a prévenu samedi un groupe d'observateurs internationaux, à la veille du vote.

Dans un communiqué, le Réseau asiatique pour des élections libres (ANFREL) "dénonce les récents développements... qui empêchent l'élection présidentielle du 23 septembre de pouvoir être considérée comme libre et équitable".

Ce réseau d'observateurs indique avoir été homologué par la Commission électorale des Maldives et reçu l'autorisation de surveiller le scrutin, mais déplore que ses équipes n'aient pas obtenu de visa pour entrer dans le pays. De nombreux journalistes étrangers désirant couvrir l'élection dans cette archipel touristique de l'océan Indien ont aussi essuyé de tels refus.

"Il apparaît que les autorités des Maldives n'accordent de visas qu'aux observateurs qu'ils perçoivent comme amis, tout en utilisant le nom de l'ANFREL et d'autres pour tenter d'obtenir une légitimité internationale", fustige l'organisation.

L'ANFREL a aussi appelé les gouvernements étrangers à la vigilance et prédit de "sombres événements" pour les 340.000 habitants de cette micro-nation aux plages paradisiaques.

Homme fort de l'archipel, Abdulla Yameen mène une répression féroce de toute dissidence et semble avoir le champ libre pour obtenir un second mandat de cinq ans.

Malgré les protestations de la communauté internationale, les principales figures de l'opposition sont derrière les barreaux ou forcées à l'exil, comme l'ex-président Mohamed Nasheed, et la société civile est muselée.

Figure de proue de la contestation, M. Nasheed - qui avait été battu par M. Yameen en 2013 dans des circonstances controversées - a dû renoncer à la présidentielle en raison d'une condamnation judiciaire considérée par l'ONU comme politiquement motivée.

En son absence, la coalition de l'opposition s'est ralliée derrière Ibrahim Mohamed Solih, un homme de 54 ans peu connu des électeurs, et ignoré par les médias locaux, trop craintifs de s'attirer l'ire du pouvoir.

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