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Malika El Aroud, la "veuve noire du djihad", peut être éloignée vers le Maroc

Elle est surnommée "la veuve noire du djihad". Malika El Aroud, condamnée à 8 ans de prison pour terrorisme en 2008 et libérée depuis, avait été déchue de sa nationalité belge. Elle peut désormais être éloignée vers le Maroc, son pays d'origine . C'est ce que vient de décider le Conseil du Contentieux des étrangers. Explications avec Chantal Monet.

Malika El Aroud avait été transférée au centre fermé de Bruges dès octobre dernier en vue de son expulsion. Mais ses avocats ont usé de toutes les procédures pour lui éviter le retour vers le Maroc. Ultime argument: "la veuve noire du djihad risquerait la torture ou des traitements inhumains dans son pays d’origine". Une hypothèse qui n’a pas convaincu les juges, faute de preuves suffisantes.

Malika El Aroud s’était déjà vu exclue du statut de réfugié fin janvier. Elle avait été déchue de sa nationalité belge en 2017 suite à sa condamnation en 2010 à 8 ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste lié à Al-Qaïda. Une personnalité considérée comme particulièrement dangereuse par la Sûreté de l’Etat. 

"Elle a toujours prôné la violence. Je pense qu'elle a cru qu'elle pouvait échapper aux tribunaux. Mais elle a toujours été une personne dangereuse qui influençait les gens radicalisés ou en passe de l'être. Elle restera une égérie, quelqu'un qui peut influencer défavorablement des gens susceptibles de faire des attentats ou de faire le djihad", souligne André Jacob, Ancien responsable du service anti-terrorisme de la Sûreté de l’Etat. 

Malika El Aroud était l’épouse d’Amhmane Abd el Sattar, un djihadiste qu’elle avait rejoint en Afghanistan. L’homme était l’un des assassins du commandant Massoud, le 9 septembre 2001. Soit deux jours avant les attentats du World Trade Center. 4 mois plus tard, Malika refusait de parler de terrorisme. "C'était un combattant. En tuant Massoud, il n'a fait que tuer un ennemi de l'Islam. Non, ce n'est pas un terroriste", martelait-elle. 

Avec son second mari, elle organise en Belgique une filière de recrutement et d’envoi de combattants vers l’Afghanistan. La fiancée des djihadistes, comme on la surnomme, a 60 ans et une fille majeure qui vit en Belgique.     

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