Manifestation à New York pour alerter sur le sort des Ouïghours

Manifestation à New York pour alerter sur le sort des Ouïghours
Rassemblement à New York pour alerter sur le sort de la communauté ouïghour, le 5 février 2019TIMOTHY A. CLARY
Chine

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées mardi devant la mission des Etats-Unis à l'ONU à New York pour attirer l'attention sur le sort de la minorité ouïghoure en Chine et demander aux Etats-Unis d'agir.

L'appel avait été lancé par un jeune étudiant en médecine, Yosef Roth, qui n'avait aucun lien particulier avec cette minorité musulmane avant de se mobiliser pour cette cause.

"L'échelle des atrocités m'a parlé", a expliqué celui qui étudie également à l'université Yeshiva avec l'objectif de devenir rabbin.

La région de l'extrême nord-ouest de la Chine où vivent la plupart des Ouïghours, le Xinjiang, a été placée, ces dernières années, sous haute surveillance policière après de violentes tensions inter-ethniques.

Près d'un million de Ouïghours et d'autres membres d'ethnies chinoises de langue turque sont ou auraient été détenus dans des camps de rééducation, selon un groupe d'experts de l'ONU.

Interrogées lors du rassemblement, plusieurs personnes originaires du Xinjiang ont indiqué ne plus avoir aucun contact, depuis des mois, avec leurs proches restés au pays, qui n'osent plus utiliser, selon eux, les moyens de communication moderne de peur d'être arrêtés.

Uchkun Kadire, né en Chine mais devenu citoyen américain, a également expliqué qu'il ne parvenait plus à obtenir de visa pour se rendre en Chine voir ses beaux-parents, malgré des demandes répétées.

Des représentants des communautés musulmane, juive et catholique, notamment un envoyé du cardinal de New York, Timothy Dolan, se sont exprimés lors du rassemblement pour appeler à la mobilisation.

Mi-novembre, un texte a été présenté conjointement à la Chambre des représentants et au Sénat américain, soutenu notamment par le sénateur de Floride Marco Rubio, pour appeler l'exécutif à prendre des sanctions contre la Chine. Il n'a pas encore été soumis au vote.

Si l'administration Trump a condamné avec force le traitement de la minorité ouïghoure et demandé à Pékin de respecter la liberté de culte, elle n'a pas, à ce jour, évoqué de sanctions.

"Pour l'instant, c'est difficile pour le gouvernement (américain) de faire quelque chose qui serait dommageable économiquement parce que l'opinion américaine ne le soutient pas clairement sur ce dossier", considère Yosef Roth. "Il faut alerter les gens."

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