Marche blanche en hommage à l'automobiliste tué par un policier à Paris

Marche blanche en hommage à l'automobiliste tué par un policier à Paris
Environ 150 personnes ont marché le 25 août 2018 à Vigneux-sur-Seine pour rendre hommage à Romain, jeune automobiliste tué par un policier lors d'une course-poursuite dans Paris mi-aoûtBertrand GUAY

Environ 150 personnes ont marché samedi à Draveil (Essonne) pour rendre hommage à Romain, jeune automobiliste tué par un policier lors d'une course-poursuite dans Paris mi-août, a constaté l'AFP.

Le cortège a défilé calmement entre Vigneux-sur-Seine, où le jeune homme de 26 ans a longtemps vécu et la ville voisine de Draveil, où il résidait. Certains portaient des T-shirts "Justice pour Romain" et brandissaient des roses blanches.

"Je vous remercie d'avoir rendu hommage à Romain dans la dignité et dans le calme", a déclaré son père, des sanglots dans la voix, remerciant au passage les policiers qui ont sécurisé le parcours.

Très émue, la famille n'a pas fait de commentaires. Plusieurs de ses amis ont, eux, réclamé "une sanction lourde" contre le policier, qui a commis "une bavure".

Romain, "c'était pas un voyou, c'était quelqu'un qui travaillait", ont-ils estimé.

"Même si Romain a commis une erreur, on ne peut pas tuer les gens pour si peu", s'est indigné Antoine Barroso, un ami de son beau-père. "On tue un gamin pour un phare cassé, c'est du délire", a-t-il regretté, dénonçant un policier "qui s'est pris pour un justicier et a vu trop de films américains".

Préparateur de fruits et légumes au marché de Rungis, Romain est décédé dans la nuit du 14 au 15 août, après avoir refusé d'obtempérer lors d'un contrôle de police à Paris.

Selon les premiers éléments de l'enquête, un policier a voulu le contrôler car sa voiture avait un défaut d'éclairage. Il a alors pris la fuite et été pris en chasse par l'agent en scooter.

Après deux kilomètres de course-poursuite, Romain se retrouve bloqué. Le policier, descendu de scooter, "l'a sommé d'obtempérer", selon une source proche du dossier. "Mais quand le véhicule a fait marche arrière et percuté le scooter, le fonctionnaire a tiré un coup de feu" et blessé le jeune homme mortellement au thorax.

L'agent de 23 ans a depuis été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique". Il est également interdit d'exercer. Pour son avocat, il a tiré "en légitime défense", pour protéger les citoyens qui risquaient d'être renversés.

Le jeune homme avait été condamné en février, notamment pour "conduite malgré une annulation de permis". Il avait perdu tous ses points sur son permis "au cours de l'année 2017", selon l'avocat de la famille, Olivier Lambert.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices) et la police judiciaire parisienne sont chargées de l'enquête.

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