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Médaille remise à Cédric Herrou: le préfet recadre le maire de Grenoble

Médaille remise à Cédric Herrou: le préfet recadre le maire de Grenoble
L'agriculteur et défenseur des migrants Cédric Herrou le 18 mai 2018 au Festival de CannesAnne-Christine POUJOULAT

Le préfet de l'Isère a recadré mardi le maire EELV/FG de Grenoble, Eric Piolle, qui a remis la veille la médaille de la ville au défenseur des migrants Cédric Herrou, en se présentant lui-même comme "délinquant solidaire".

C'est un tweet publié en marge de la cérémonie qui a suscité l'ire de la préfecture, dans lequel Eric Piolle fait état d'un courrier adressé parallèlement au procureur de la République à Grenoble.

"Je vous écris ce jour puisque la solidarité envers les exilé.e.s reste un délit. Forte de sa politique d'accueil et d'aide, la Ville de Grenoble enfreint l'article L 622-1 du CESEDA. Condamnez-moi. #migrants #3DeBriancon #DelinquantSolidaire", déclare l'élu dans ce tweet.

"Le préfet de l'Isère déplore des propos qui appellent à commettre des infractions ou des actes illégaux, alors même qu'ils sont tenus par un maire auquel les lois de la République confient des responsabilités d'officier de police judiciaire et la charge de faire respecter l'ordre public", écrit-il dans un communiqué.

"Prôner l'illégalité ou cautionner des infractions pourtant condamnées par l'autorité judiciaire n'est pas une conduite anodine", ajoute le préfet.

L'agriculteur Cédric Herrou a été condamné en appel en août à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes).

Le 22 avril, l'Assemblée nationale a voté l'assouplissement du délit de solidarité, exemptant désormais de sanctions les militants qui apporteraient des soins, un hébergement et de la nourriture aux migrants sans qu'il y ait de contrepartie lucrative.

Une évolution insuffisante pour le maire de Grenoble qui réclame, dans son courrier au procureur préalablement diffusé à la presse, l'abrogation du "délit de solidarité" et davantage de protection pour les aidants comme Cédric Herrou, mais aussi pour des municipalités comme la sienne dont les "actions collectives" pour accueillir les réfugiés, selon lui, leur font "courir un risque pénal".

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