Merkel a rencontré à Pékin les épouses d'avocats en détention

Merkel a rencontré à Pékin les épouses d'avocats en détention
Photo fournie le 28 mai 2018 par Li Wenzu, épouse de l'avocat chinois en détention Wang Quanzhang, la montrant rencontrant la chancelière allemande Angela Merkel le 24 mai à PékinHandout
Chine

La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré durant sa récente visite en Chine les épouses de deux avocats en détention -- une initiative rare pour un dirigeant occidental -- ont rapporté ces dernières lundi à l'AFP.

Les chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers s'abstiennent généralement de parler publiquement des droits de l'homme et de rencontrer des militants durant leurs séjours dans le pays asiatique.

Angela Merkel n'a pas évoqué sa rencontre avec les deux femmes lors de sa visite officielle en Chine jeudi et vendredi. Elle a cependant déclaré avoir soulevé la question des droits de l'homme lors de son entretien avec le Premier ministre Li Keqiang.

Un porte-parole du gouvernement allemand a assuré à l'AFP que "la chancelière a rencontré jeudi dernier à Pékin un groupe d'avocats des droits de l'homme et de proches de personnes emprisonnées et a discuté avec eux de leur situation".

Mme Merkel s'est entretenue jeudi avec Li Wenzu, la femme de l'avocat Wang Quanzhang, interpellé en juillet 2015, et avec Xu Yan, épouse de Yu Wensheng, inculpé en début d'année pour avoir réclamé des élections libres.

Une photo, transmise par Mme Li, la montre aux côtés de la cheffe du gouvernement allemand, qui lui tient l'épaule dans un geste de réconfort.

"Je lui ai parlé de la situation de mon mari Wang Quanzhang, l'avocat des droits de l'homme qui a disparu depuis plus de 1.000 jours", a témoigné Mme Li dans un message électronique.

"J'ai demandé à Mme Merkel de m'aider à confirmer auprès des autorités chinoises si Wang Quanzhang est toujours en vie ou non. Et s'il est toujours en vie, que mon avocat soit autorisé à le voir", a ajouté Mme Li, disant s'être rendue plus d'une centaine de fois dans un centre de détention à Tianjin (nord) où elle pense que son mari est emprisonné, mais sans obtenir de ses nouvelles.

Mme Merkel "a fait part de sa préoccupation envers moi, mon mari et mon enfant, et dit qu'elle continuerait à nous soutenir", a-t-elle poursuivi.

Wang Quanzhang fait partie des plus de 200 avocats et militants des droits de l'homme à avoir été arrêtés à l'été 2015 lors d'une vaste opération de répression. La grande majorité a depuis été libérée et d'autres condamnés à des peines allant jusqu'à huit ans de prison.

Me Wang avait notamment défendu des personnes expropriées, des militants des droits de l'homme, ou encore des membres de la secte Falungong, bannie en Chine continentale. Il est accusé de "subversion" mais n'a pas encore été jugé.

Angela Merkel avait par ailleurs été appelée avant sa visite en Chine à soulever le cas de Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo. Celle-ci est de facto assignée à résidence depuis huit ans, sans avoir fait l'objet d'une quelconque condamnation.

L'association Human Rights Watch espérait que Mme Merkel pourrait ramener Liu Xia avec elle en Allemagne.

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