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Meurtre Khashoggi: la famille dément tout "arrangement" avec Ryad

Meurtre Khashoggi: la famille dément tout
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 lors d'une conférence de presse à Manama, à BahreïnMOHAMMED AL-SHAIKH

La famille de l'éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, tué en octobre par des agents venus de Ryad dans l'enceinte du consulat du royaume à Istanbul, a démenti mercredi toute discussion en vue de parvenir à un arrangement avec les autorités saoudiennes.

Un procès se tient actuellement et "aucune discussion sur un arrangement n'a eu lieu ou n'a lieu" en ce moment, indique Salah, fils de Jamal Khashoggi, dans une déclaration postée sur son compte Twitter.

"Les personnes qui ont commis et ont été impliquées dans ce crime seront toutes traduites en justice et feront l'objet d'une punition", a-t-il ajouté en soulignant que personne n'était autorisé à parler aux noms des enfants de Khashoggi et de leur avocat.

Le 1er avril, le Washington Post, auquel collaborait Jamal Khashoggi, a affirmé que les enfants de l'éditorialiste avaient chacun reçu en compensation des maisons de plusieurs millions de dollars et qu'ils perçoivent chaque mois des milliers de dollars des autorités saoudiennes.

- "Le prix du sang" -

Les quatre enfants "pourraient également recevoir des paiements beaucoup plus élevés --possiblement plusieurs millions de dollars par personne-- dans le cadre de négociations pour +le prix du sang+ qui sont attendues lorsque les procès des suspects du meurtre s'achèveront dans quelques mois", a assuré le journal américain.

Onze hommes sont jugés depuis janvier devant une cour pénale à Ryad et le procureur général a requis la peine de mort contre cinq d'entre eux. Leur identité n'a pas été révélée et la presse n'a pas le droit d'assister aux audiences.

Le meurtre de Jamal Khashoggi a considérablement terni l'image de l'Arabie saoudite et de son jeune prince héritier Mohammed ben Salmane que des responsables turcs et américains ont désigné comme commanditaire de l'opération.

Les autorités saoudiennes ont nié que le prince Mohammed, surnommé MBS, ait été impliqué dans le meurtre, attribué par Ryad à des éléments "incontrôlés" du régime.

Selon le Washington Post, les compensations aux enfants Khashoggi ont été autorisées fin 2018 par le roi Salmane, père de MBS, dans le cadre de ce qui a été décrit par un ancien responsable comme la reconnaissance qu'une "grande injustice a été commise" et la tentative de "réparer un tort".

Dans sa déclaration mercredi, Salah Khashoggi écrit que le roi Salmane et le prince héritier sont "considérés comme "les gardiens de tous les Saoudiens" et que "des actes de générosité et d'humanité viennent de la plus haute considération morale" de leur part, et "non d'une admission de culpabilité ou de scandale".

- "Combattre le terrorisme" -

En dépit d'une forte pression du Congrès américain, le président Donald Trump a évité de condamner MBS dans cette affaire.

L'agence officielle saoudienne SPA a indiqué mercredi que le prince héritier avait reçu un appel téléphonique la veille de M. Trump, au cours duquel les deux hommes ont discuté des relations bilatérales, de questions régionales et mondiales, ainsi que "des mesures nécessaires pour combattre le terrorisme soutenu par le régime iranien".

L'affaire Khashoggi continue d'embarrasser l'administration Trump qui a fait de son alliance avec le roi Salmane et MBS l'un des piliers de sa stratégie moyen-orientale contre l'Iran, tout en cherchant à montrer qu'elle ne ferme pas les yeux sur le meurtre de Khashoggi.

Le 8 avril, le département d'Etat américain a ainsi annoncé que les Etats-Unis avaient interdit d'entrée sur leur territoire seize ressortisants saoudiens en raison de leur rôle dans cette affaire.

Déjà, en novembre, Washington avait annoncé des sanctions financières ciblées contre 17 responsables saoudiens soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre.

Jamal Khashoggi était entré le 2 octobre 2018 au consulat saoudien à Istanbul pour des démarches en vue d'un mariage avec une Turque. Il n'en est pas ressorti vivant et les restes de son corps n'ont pas été retrouvés à ce jour.

Le parquet turc a indiqué que Khashoggi avait été tué par "strangulation" et son corps "démembré".

Le 18 mars, le New York Times a écrit que plus d'un an avant l'assassinat de Khashoggi, MBS avait approuvé une campagne secrète visant à faire taire des dissidents.

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