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Michel Onfray annonce arrêter l'Université populaire de Caen

Michel Onfray annonce arrêter l'Université populaire de Caen
Michel Onfray lors de l'ouverture de l'Université Populaire de Caen à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, le 15 octobre 2010CHARLY TRIBALLEAU

Le philosophe Michel Onfray arrête sa participation à l'université populaire (UP) de Caen qu'il a créée en 2002, a-t-on appris vendredi sur son site internet.

"Je ne donnerai pas cours cette année, ni les années qui suivront. Ma participation à l’UP de Caen est donc terminée", écrit sur son site l'intellectuel dont les conférences avaient lieu dans une salle de 1.500 places.

Pour justifier sa décision, il invoque le fait que la directrice de France culture a, selon lui, mis jeudi "fin unilatéralement à la collaboration qui permettait la diffusion de mon cours sur la chaîne qu'elle dirige - avec pour tutelle un ministre nommé par Emmanuel Macron".

"Nous sommes un média indépendant", lui a rétorqué la directrice de France Culture Sandrine Treiner. "Depuis la fin de la +Contre-histoire de la philosophie+, grand projet qui soulevait des débats stimulants, les cours et questions du public retransmis depuis deux ans sur l’antenne de France Culture ne correspondent plus à ce que nous voulons proposer à nos auditeurs", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"Cela ne ferme pas notre porte à un essayiste que France Culture a beaucoup soutenu. Si Michel Onfray a des nouveaux projets d’ampleur à nous suggérer, nous serons évidemment à l’écoute", souligne Sandrine Treiner.

Dans son communiqué, Michel Onfray indique également que, "pour la deuxième année, la ville de Caen n’a pas été capable de trouver un lieu susceptible de m’accueillir pour que je puisse y donner gratuitement les quatorze séances de mon cours", ajoute le philosophe, "libertaire de gauche". En janvier, Michel Onfray avait estimé que la mairie LR avait "fait beaucoup de choses" mais n'avait pas trouvé de salle de 1.000 places.

"Michel Onfray a été accueilli à Caen depuis la création de l'UP, mais s'est successivement fâché avec les lieux d'accueil : la Comédie de Caen, le Zénith, l'Université, etc.", a affirmé la mairie de Caen dans un communiqué, en critiquant le "renoncement" et les "accusations infondées" du philosophe.

"Si Michel Onfray fait preuve d'un ton acerbe à l'égard de la ville de Caen, en revanche la collectivité continue d'accueillir l'Université populaire", ajoute la mairie.

Depuis janvier, le philosophe donnait ses cours à Deauville, à la suite d'une invitation du maire LREM Philippe Augier. De "La morphologie de la civilisation judéo-chrétienne" à "Vers la fin de la civilisation", une nouvelle série de 14 conférences était prévue d'octobre 2018 à mars 2019 dans la station balnéaire.

Les autres cours de l'université populaire, restés à Caen, sont dispensés par d'autres conférenciers.

"La lutte contre les idées du FN qui avait motivé la création de l’UP en 2002, doit désormais être élargie à tous ceux qui mettent en péril la liberté de conscience, de pensée et d’expression. Ils sont bien plus nombreux qu’à l'époque. Plus nombreux et d’autant plus dangereux qu’ils sont désormais au pouvoir", estime l'écrivain.

Celui-ci ne fait, dans son communiqué, aucune allusion à l'AVC dont il avait été victime fin janvier.

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