Mise en examen de l'homme-clé de Tokyo-2020: "la justice fait son travail" (Maracineanu)

Mise en examen de l'homme-clé de Tokyo-2020:
Tsunekazu Takeda, président du Comité olympique japonais en conférence de presse, le 15 janvier 2019 àTokyoMartin BUREAU

La ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, a souligné vendredi l'importance de laisser la justice oeuvrer dans le dossier de soupçons de corruption pesant sur le Japonais Tsunekazu Takeda, président du Comité olympique japonais et homme-clé des JO de 2020 à Tokyo.

Venue dans la capitale nippone pour aborder des questions relatives aux événements sportifs à venir (entraînements pour les JO, équipements), à l'économie sportive ou encore à l'organisation de l'éducation sportive, la ministre a assuré que la question de la mise en examen de M. Takeda "n'avait pas du tout été abordée par ses interlocuteurs", mais qu'elle était prête à y répondre le cas échéant.

"C'est la justice française qui a fait son travail, et nous n'avons pas à interférer", a déclaré à quelques journalistes français Mme Maracineanu.

Tout en rappelant que la notion de présomption d'innocence existait en droit français, elle juge qu'il est "bien que la justice française ait mis cette affaire en lumière", au cours d'une enquête "qui a débuté il y a longtemps".

"Je suis tout à fait attachée au rôle que porte la France qui est exemplaire en matière d'éthique, de lutte contre le dopage et contre la corruption", a-t-elle déclaré.

M. Takeda a été mis en examen en décembre en France pour corruption active. Il est soupçonné d'avoir autorisé deux versements, en juillet et octobre 2013, pour obtenir "des votes favorables de membres du Comité international olympique" (CIO) lors de l'attribution des JO à Tokyo, le 7 septembre 2013.

- Explications laborieuses -

Les deux virements (représentant 2,3 millions de dollars au total, soit 2 millions d'euros) ont atterri sur le compte d'une société totalement inconnue, Black Tidings, sous le libellé "Tokyo 2020 Olympic Game Bid", officiellement pour rémunérer des opérations de conseil.

Or cette firme est proche d'un certain Papa Massata Diack, fils de l'influent Sénégalais Lamine Diack, ancien patron de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), au carrefour de plusieurs enquêtes pour corruption dans le sport.

M. Takeda, qui nie avoir mal agi, a donné des explications laborieuses aux juges le 10 décembre lors d'une audition à Paris au cours de laquelle lui a été signifiée sa mise en examen.

"Je ne connaissais pas Papa Massata Diack, je n'ai jamais eu de conversation avec lui, j'ignore tout de lui", a insisté l'ancien cavalier olympique, âgé de 71 ans.

Il a ensuite assuré à Tokyo être disposé à coopérer avec la justice française.

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