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Prisons: mobilisation sporadique, Alençon/Condé-sur-Sarthe toujours bloquée

Prisons: mobilisation sporadique, Alençon/Condé-sur-Sarthe toujours bloquée
Un surveillant de l'administration pénitentiaire devant la prison d'Alençon, le 7 mars 201 à Condé-sur-SartheJEAN-FRANCOIS MONIER

La mobilisation des gardiens de prison reste en recul mercredi, avec 13 établissements concernés par des blocages et des filtrages, huit jours après l'attaque au couteau de deux surveillants à Condé-sur-Sarthe (Orne) et à la veille d'une réunion avec la ministre de la Justice.

Mercredi midi, seul l'établissement d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (Orne) restait bloqué, ce pour la huitième journée consécutive, tandis que ceux de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et de Draguignan (Var) ont été débloqués, a indiqué à l'AFP la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

Comme chaque jour depuis le début du blocage, les forces de l'ordre sont intervenues brièvement dans la matinée à Alençon/Condé-sur-Sarthe pour faire passer vivres et personnel, le barrage s'étant reformé peu après l'opération.

Les manifestants étaient une centaine, selon FO. "C'est très rodé. Cela se fait dans la tranquillité, sans animosité", a commenté un syndicaliste qui filmait l'intervention retransmise en direct sur la page Facebook de FO pénitentiaire Condé-sur-Sarthe.

"La cantine des détenus, c'est la préoccupation de l'Administration pénitentiaire. Pendant ce temps-là, on oublie le personnel relégué au second plan", a-t-il ajouté.

L'administration pénitentiaire a recensé des blocages filtrants à Lorient, à la prison des femmes de Rennes, ainsi qu'à Caen, Grasse (Alpes maritimes), Bapaume (Pas-de-Calais) et Beauvais. Il y a des établissements "où les parloirs sont soit bloqués, comme à Rennes, soit les livraisons alimentaires, comme à Caen, soit les véhicules qui entrent sont filtrés comme à Grasse", a précisé la DAP.

Les directions interrégionales ont également fait état de blocages filtrants à Nantes, Bordeaux-Gradignan et Angoulême. L'établissement pénitentiaire pour mineurs de Porcheville (Yvelines) était également bloqué mercredi depuis 6H00, selon le secrétaire local FO, Frédéric Lesport.

Selon le syndicat FO-pénitentiaire de Nouvelle Aquitaine, "mercredi est une journée de transition", avant une plus forte mobilisation jeudi, pour accompagner les syndicats qui seront reçus alors par la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Le syndicat redoute que l'administration pénitentiaire et le gouvernement ne tentent "de jouer la montre avec des mesures gagne-petit sur l'aspect sécuritaire uniquement", mais se dit déterminé.

Lundi, FO s'est dit satisfait de la prise en compte de certaines de ses revendications à l'issue d'une rencontre avec le directeur de l'AP, Stéphane Bredin. Mais le syndicat attend de voir ce que lui annoncera jeudi la ministre de la Justice.

Le 5 mars, à Condé-sur-Sarthe, après l'agression le matin des deux surveillants avec des couteaux en céramique, Michaël Chiolo, 27 ans, qui purgeait une peine de trente ans et s'est radicalisé en prison, s'était retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison.

Après de vaines tentatives de négociations, le RAID avait lancé l'assaut vers 18H40, conduisant à l'interpellation du détenu et au décès de sa compagne.

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