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Mondial-2019 de basket: privés de leurs stars, les États-Unis en danger

Sans Lebron James, Steph Curry, Kawhi Leonard, ni aucune des grandes stars de la NBA, les États-Unis présentent au Mondial en Chine, à partir de samedi, une équipe aussi éloignée que possible des "Dream Teams" du passé et se trouvent en danger de perdre le titre pour la première fois depuis 2006.

Même privée des plus célèbres têtes d'affiche, la première liste annoncée par Gregg Popovich en juin avait fière allure. Avec James Harden, Damian Lillard et Anthony Davis, les Américains semblaient à l'abri d'une mauvaise surprise. Mais depuis une cascade de forfaits a accablé le très respecté entraîneur des San Antonio Spurs, jusqu'au dernier en date, celui de Kyle Kuzma (Los Angeles Lakers), touché à la cheville la semaine dernière.

"Pop" a dû se rabattre sur une équipe C, voire D, dans laquelle on ne trouve que deux joueurs présents au dernier All Star Game, Khris Middleton (Milwaukee Bucks) et Kemba Walker (Boston Celtics), aucun acteur de la dernière finale de NBA après le forfait de Kyle Lowry (Toronto), un seul champion olympique, Harrison Barnes (Sacramento Kings), et un seul champion du monde en titre, Mason Plumlee (Denver Nuggets), pas les plus connus des bandes de 2014 et 2016.

- La NBA avant tout -

Les raisons ne sont guère mystérieuses: "La plupart des stars veulent économiser de l'énergie", résume l'ancien joueur et entraîneur Sam Mitchell, analyste pour NBA TV. Les stages de préparation des franchises commencent deux semaines après la finale du Mondial, le 15 septembre à Pékin, et la saison de NBA elle-même démarre le 22 octobre pour un marathon de 82 rencontres, plus les play-offs.

Ceux qui ont déjà été titrés au Mondial ou aux Jeux comme Curry, James et Harden ne sont plus assez motivés; ceux qui sont allés loin lors des derniers play-offs, comme Leonard, titré fin juin avec les Toronto Raptors, veulent du temps pour récupérer; ceux qui changent de clubs, comme Davis aux Los Angeles Lakers, ou accueillent de nouveaux joueurs majeurs dans leur franchise veulent se consacrer à leur intégration.

Il y a aussi un effet boule de neige: plus les forfaits s'accumulent, plus le risque d'échec augmente et moins les restants veulent l'assumer. "Les mecs se disent: +pourquoi est-ce que je devrais être le symbole de cette équipe qui va peut-être perdre?", a avoué C.J. McCollum, l'un de ceux qui ont quitté le navire après avoir été présélectionnés.

- Battus par l'Australie -

C'est donc sans trop de surprise que les Américains ont perdu un match de préparation contre l'Australie (98-94) la semaine dernière à Melbourne. C'était leur première défaite depuis 2006 avec une équipe entièrement composée de joueurs de NBA. Et si les "Boomers" l'ont fait, on ne voit pas pourquoi la Serbie, l'Espagne et la France ne pourraient pas en rêver aussi!

Un échec au Mondial ne serait pas inédit. La première équipe 100% NBA à chuter fut celle de 2002, avec pourtant dans ses rangs quelques noms ronflants comme Reggie Miller, Paul Pearce ou Jermaine O'Neal. Aux Jeux d'Athènes, avec une sélection impressionnante sur le papier (entre autres Lebron James, Tim Duncan, Dwyane Wade et Carmelo Anthony!) puis au Mondial-2006, ce fut de nouveau le fiasco. Cette série noire avait poussé les États-Unis à envoyer leur meilleure équipe aux Jeux de Pékin puis de Londres pour rétablir leur suprématie sur le sport qu'ils ont inventé.

Il faut bien sûr se méfier. Le collectif de 2019 ne manque pas de joueurs de talent, même si les lignes arrières semblent bien mieux armées que le secteur intérieur un peu léger, et il figure évidemment parmi les grands favoris pour l'or. En préparation, les États-Unis ont nettement dominé l'Espagne et l'Australie dans un premier match avant le faux-pas de Melbourne.

Après tout, en 2010, on avait déjà fait la fine bouche devant la composition de l'équipe américaine qui allait pourtant survoler le Mondial en Turquie grâce à de jeunes joueurs promis à un brillant avenir: Kevin Durant, Russell Westbrook, Steph Curry, Kevin Love. Ce sera peut-être le destin d'espoirs comme Donovan Mitchell (Utah Jazz, 22 ans) ou Jason Tatum (Boston Celtics, 21 ans).

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