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Mondial de basket: le "facilitateur" Nicolas Batum a sonné la révolte

Le capitaine Nicolas Batum a sonné la révolte qui a permis aux Bleus de retourner la situation contre l'Australie (67-59) dimanche à Pékin et de décrocher la médaille de bronze du Mondial, sa cinquième personnelle dans un grand tournoi.

L'ailier a marqué sept points dans cette période (9 au total) où les Français ont accusé jusqu'à 15 points de retard. Ses passes et son apport en défense ont aussi été cruciaux.

"Il a été incroyable! Pour ceux qui l'ont critiqué le match d'avant (contre l'Argentine), sans Nicolas, on ne gagne pas ce soir", a dit le pivot Rudy Gobert.

Batum, 30 ans, n'est pas celui qui prend le dernier shoot décisif, pas celui non plus dont le nom ressort dans la feuille de "stats", mais par la multitude de tâches qu'il accomplit, il fait mieux jouer l'équipe de France: il est le "facilitateur".

"On est une équipe, du moment qu'on gagne à la fin, ça me va. Faciliter le jeu pour les autres, faire en sorte qu'Evan (Fournier) soit bien, rendre la vie plus facile à Rudy (Gobert), lui donner le ballon où il faut à l'intérieur, créer des espaces pour Nando (De Colo) ou Frank (Ntilikina), c'est mon job", expliquait au cours du Mondial le natif de Lisieux, formé au basket au Mans.

- "Il ne réclame pas la balle" -

Son domaine de prédilection, c'est la défense. Grand (2,03 m), doté de longs bras et d'une belle détente, il éteint les shooteurs adverses en s'appuyant sur sa science du basket, lui qui joue depuis onze saisons en NBA (d'abord à Portland puis à Charlotte depuis quatre ans).

Attention! Batum n'est pas un besogneux limité au travail de l'ombre. Il sait prendre ses responsabilités en attaque, mais seulement lorsque l'équipe en a besoin, comme dans ce début de deuxième mi-temps critique contre les "Boomers".

"Il ne réclame pas la balle. Il complète. C'est un art qui est rarement mesuré à l'extérieur. Il n'a pas besoin de marquer pour être essentiel", souligne le sélectionneur Vincent Collet.

International depuis dix ans, champion d'Europe en 2013, Batum (147 sélections), a connu son heure de gloire l'année suivante au Mondial. Il avait marqué 62 points lors des deux derniers matchs: 35 dans la demi-finale perdue de justesse contre la Serbie (90-85) et 27 le lendemain lors de la victoire sur la Lituanie (95-93) pour la médaille de bronze. Mais de cet exploit est né un malentendu: le public aurait aimé qu'il soit la locomotive alors que lui a toujours préféré être celui qui fait tenir les wagons ensemble.

- "C'est le catalyseur" -

"On a essayé de me mettre un rôle qui n'a jamais été le mien. On pense que je dois marquer vingt points par match, mais je n'ai jamais mis plus de quinze points de moyenne dans une compétition ou une saison. Je n'ai jamais été un scoreur, j'ai toujours été le "glue guy" (l'homme-colle, celui qui fait tenir les pièces ensemble)", dit Batum.

Lorsque Boris Diaw a pris sa retraite internationale en 2017 et qu'il a fallu désigner un nouveau capitaine, Vincent Collet s'est tourné vers Batum, dont le rôle sur le terrain ressemble à celui que tenait "le Président". "Il a pris de la maturité, de l'expérience, on le sent plus assuré dans son rapport aux autres", dit Collet. "Vincent et moi on se connaît très bien. J'essaie d'être son relais sur le terrain", explique le joueur.

"Nico, c'est le catalyseur. Il est toujours là pour rassurer et pour motiver quand il faut. C'est celui qui a le plus d'expérience avec Nando. C'est bien d'avoir la fougue de la jeunesse mais aussi le recul et l'expérience de ceux qui sont là depuis longtemps. Sur le terrain, il reste un excellent défenseur, quelqu'un qui peut mettre les paniers qu'il faut et surtout huiler l'attaque. Il s'en fout de mettre deux points ou vingt. Avoir cette mentalité-là c'est important en équipe nationale", résume Gobert.

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