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Mondial de rugby: à J-365, les All Blacks seuls au monde?

Une Coupe du monde jouée d'avance? A un an du rendez-vous au Japon (20 septembre-2 novembre), la Nouvelle-Zélande domine outrageusement le rugby mondial et s'avance sûre de ses forces vers un troisième sacre de rang.

"Just give us the World Cup now" ("Donnez-nous tout simplement d'ores et déjà la Coupe du monde", NDLR): The New Zealand Herald, quotidien le plus lu du pays au Long nuage blanc, n'a pas fait dans la dentelle le 26 août, au lendemain de la nouvelle démonstration des All Blacks contre l'Australie lors de la 2e journée du Rugby Championship (40-12).

Arrogance? Sans doute en partie, qu'est venue doucher l'Afrique du Sud samedi, première nation à s'imposer sur les terres des All Blacks (36-34) depuis neuf ans.

Les doubles champions du monde en titre ne sont donc pas invincibles, mais leur bilan depuis leur titre en Angleterre en 2015 les place loin devant tous les autres: ils ont ainsi remporté 30 de leurs 35 rencontres (pour quatre défaites et un nul), pour un écart moyen de plus de 21 points!

Malgré les départs de plusieurs monstres sacrés fin 2015 (Carter, McCaw, Nonu, Conrad Smith, Mealamu) et grâce à une continuité au niveau de l'encadrement -- Steve Hansen était déjà sélectionneur en 2015 après avoir été l'adjoint de Graham Henry en 2011.

Ainsi qu'à un réservoir dense de joueurs de qualité couvés pendant plusieurs années avant de prendre la relève des retraités. A l'instar de l'ouvreur Beauden Barrett, meilleur joueur du monde 2016 et 2017, sitôt Carter parti monnayer ses talents en France.

Et si Barrett, justement, était le talon d'Achille des Néo-Zélandais? Génial meneur de jeu, il tremble davantage face aux perches, comme l'ont montré ses quatre échecs sur six tentatives samedi. Un manque de fiabilité qui pourrait faire la différence dans une rencontre au couteau dans un peu plus d'un an.

- Débuts en fanfare pour Ledesma -

Le coup de force de Wellington vient récompenser les efforts de Johan "Rassie" Erasmus, arrivé au poste de sélectionneur en mars et qui est parvenu à redonner des couleurs aux Sud-Africains, après le mandat souffreteux d'Allister Coetzee, en recentrant légèrement leur jeu sur leur point forts traditionnel, le combat d'avants.

Son homologue australien, Michael Cheika, avait lui réussi à redresser spectaculairement les Wallabies en un an avant l'édition anglaise, pour les mener en finale.

Mais depuis, il n'y arrive plus: la défaite samedi face à l'Argentine (19-23), la première à domicile depuis 1983, a fait passer son ratio de victoires sous la barre des 50% (25 en 51 matches) et vient s'ajouter à d'autres déconfitures retentissantes à la maison contre l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande.

Un mois au poste et Mario Ledesma apparaît déjà comme le sauveur des Pumas: moribonds sous Daniel Hourcade, les Argentins ont d'ores et déjà réussi leur meilleur Rugby Championship (2 succès) depuis leur intégration en 2012. L'Angleterre et la France, adversaires des Sud-Américains en phase de poules, peuvent s'inquiéter.

- L'Irlande en pleine confiance -

D'autant que les deux grandes nations de l'hémisphère nord ne sont pas au mieux. L'Angleterre d'Eddie Jones, invincible en 2016, a sérieusement perdu de sa superbe en 2018 (3 succès pour 5 revers), terminant le Tournoi des six nations à l'avant-dernière place! Et la venue des All Blacks se profile en novembre...

En France, Jacques Brunel a remplacé fin 2017 Guy Novès, limogé pour manque de résultats, mais le redressement n'est pas spectaculaire (2 victoires et 6 revers). Si le sacre mondial des moins de 20 ans, en juin, promet pour la Coupe du monde 2023 qui se tiendra sur le sol français, les Bleus n'ont pas pour l'heure un profil de vainqueur.

Au contraire de l'Irlande, qui vient de vivre une saison de rêve. Un Grand Chelem dans le Tournoi réalisé le jour de la Saint-Patrick grâce à une victoire en Angleterre (24-15), une tournée en Australie remportée pour la première fois depuis 1979, le Leinster en Coupe d'Europe et Ligue celtique: l'équipe de Jonathan Sexton est en pleine confiance et peut renverser les géants du Sud.

Ecossais et Gallois aussi? Les deux autres nations celtiques sont dans une bonne période, en particulier le XV du Chardon à la tête duquel Greg Townsend a profité du travail de restructuration entrepris par Vern Cotter, obtenant quelques victoires probantes face à l'Australie et l'Angleterre.

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