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Mondial de rugby: Angleterre-All Blacks, étincelles à tous les étages

Mondial de rugby: Angleterre-All Blacks, étincelles à tous les étages
Photo combinée du demi d'ouverture anglais Owen Farrell (g) et de l'arrière All Black Beauden Barrett, le 24 octobre 2019 à Yokohama Charly TRIBALLEAU, Kazuhiro NOGI

Que ce soit derrière, avec le duel des maîtres à jouer Farrell et Beauden Barrett et celui des ailiers May-Bridge, ou devant, avec le choc des gros bras Itoje et Retallick, la demi-finale de Coupe du monde entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande, samedi à Yokohama, promet de faire des étincelles.

+ Farrell-Barrett, les déplacés

Ils ne jouent plus au même poste, Farrell ayant été déplacé de l'ouverture au centre pour ce choc alors que Barrett a quitté son poste de N.10, cet été, pour celui d'arrière, même s'il lui arrive de se positionner en premier attaquant. Deux décisions des sélectionneurs destinées à faire de la place respectivement à George Ford côté anglais et Richie Mo'unga chez les Blacks.

Ces deux décisions stratégiques ont été prises afin de profiter du jeu au pied de Mo'unga et Ford, tout en conservant sur le terrain celle des deux maîtres à jouer, nés en 1991 à quatre mois d'écart. Et opposés en 2011 dans le championnat du monde des moins de 20 ans, remporté par la Nouvelle-Zélande en battant en finale l'Angleterre.

Soit la qualité d'accélération, de relance, et le jeu au pied de Barrett (28 ans, 81 sél.), dont est également pourvu Farrell (28 ans, 77 sél). Le capitaine de l'Angleterre possède également une passe "laser" et une grosse activité en défense. Enfin, il est le buteur de son équipe, alors que Barrett ne l'est plus depuis que Mo'unga a fait irruption dans le XV de départ.

+ May-Bridge, les ailiers

Les chaussettes souvent baissées sur des mollets galbés, ils affolent les statistiques. May, plus élancé (1,88 m, 90 kg), a ainsi inscrit, en quarts de finale contre l'Australie (40-16) un doublé pour porter, à seulement 24 ans, son total d'essais à 27 en 50 sélections. Après, qui plus est, être resté muet lors de ses sept premières capes.

Finisseur hors pair à la pointe de vitesse impressionnante, bourreau de travail, le lévrier anglais livrera un duel à distance avec Bridge (1,86 m, 96 kg), lui aussi âgé de 24 ans, mais qui vient seulement d'éclore sur la scène internationale.

L'ailier des Crusaders a ainsi connu la première de ses huit sélections en novembre 2018, mais depuis il affole les compteurs, jusqu'à repousser Rieko Ioane, la sensation de ces deux dernières années, sur le banc: neuf essais, dont un contre l'Irlande au tour précédent (46-14).de

+ Itoje-Retallick, les guerriers

Il est revenu à temps. Après s'être disloqué une épaule fin juillet, Brodie Retallick (28 ans, 79 sél.) a effectué une course contre la montre pour disputer la Coupe du monde. Pari réussi, et même avec de l'avance, puisque le deuxième ligne, qui visait initialement un retour pour les quarts de finale, a pu se tester pendant trente minutes lors du troisième match de poules, face à la Namibie (71-9), avant le début des choses sérieuses.

Le sélectionneur Steve Hansen n'a lui jamais envisagé le moindre instant se passer de l'homme auquel le dentier donne un effrayant air de ressemblance avec "Requin", l'un des récurrents méchants des James Bond. Retallick n'a pas de dents en acier, mais inspire néanmoins la crainte à ses adversaires, avec son gabarit hors-normes (2,04 m, 123 kg). Mais il allie férocité, qualités de saut en touche, faculté de déplacement et technique qui en font le prototype du deuxième ligne moderne.

Cet alliage lui a permis d'être élu meilleur joueur du monde en 2014, année où Maro Itoje (24 ans, 32 sélections) n'était encore qu'une promesse. Mais le joueur des Saracens pourrait (devrait ?) succéder à Retallick au palmarès tant il a grimpé les marches quatre à quatre depuis ses débuts internationaux. Egalement redoutable contreur en touche, moins massif (1,95 m, 115 kg) mais plus polyvalent et endurant (il peut jouer aussi troisième ligne), Itoje a été lancé en février 2016 par le sélectionneur Eddie Jones. Avec cette promesse de transformer "une Vauxhall Viva (voiture modeste) en BMW". Samedi, il se frottera à une Ferrari.

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