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Mondial de rugby: Eric Fry, la "French touch" des Etats-Unis

Mondial de rugby: Eric Fry, la
Le pilier américain Eric Fry en conférence de presse à Fukuoka, le 1er octobre 2019FRANCK FIFE

Des Etats-Unis au Japon en passant par... la Bretagne. Le pilier des Aigles américains et de Vannes Eric Fry vivra mercredi "un match très spécial" face à la France, où il vit depuis 2016.

Avec son gabarit (1,93 m, 120 kg), auxquels il faut ajouter une barbe aussi rousse que fournie, impossible de le rater sur le terrain. Mais Eric Fry n'est pas qu'un monstre physique, il est aussi un curieux, avide de découvrir de nouvelles choses.

C'est d'ailleurs en raison de cette soif de nouveauté, cette "envie de découvrir une nouvelle culture" qu'il a rejoint la France.

"Ce sera un match très spécial pour moi. Cela fait trois ans que je suis en France, que je suis immergé dans cette culture", a-t-il confié avant le match face aux Bleus.

"C'est vraiment excitant d'affronter le pays dans lequel je vis. Je veux vraiment pouvoir y revenir, dans trois ou quatre semaines, et pouvoir regarder les gars dans les yeux et leur montrer que j'ai tout donné, que la France en a eu pour son argent", ajoute-t-il.

Emerick Setiano, qui honorera sa première titularisation avec le XV de France, est prévenu. Face à lui, il aura un colosse, "pas le plus grand technicien du monde", selon son entraîneur à Vannes Jean-Noël Spitzer, mais un joueur d'expérience, qui compte une quarantaine de sélections avec les Aigles et attaque sa troisième Coupe du monde.

- Un test pour Setiano -

Un pilier moderne, en somme, qui va vite et cogne dur. "Quelle que soit la première ligne qu'ils alignent, ils vont toujours venir nous tester en mêlée. Pareil sur les mauls. On s'y prépare et on va aller les chercher", promet le Californien.

"Je pense que c'est une équipe très dangereuse. Quand ils sont en forme, ils sont très très forts", analyse Fry, 32 ans.

Mais il sait aussi être plus subtil, loin de l'image qu'il peut renvoyer sur les terrains. "J'ai été forcé de quitter les Etats-Unis pour jouer à un certain niveau", raconte-t-il.

"Ca été un long chemin: je jouais à l'université et j'ai fait une pige à Las Vegas. Je suis parti en Nouvelle-Zélande, où j'ai joué, ce qui m'a donné de la crédibilité pour après rejoindre l'Angleterre. Mais je voulais venir en France", se souvient-il.

Et voilà comment un Californien se retrouve à jouer au rugby en Bretagne, d'abord à Saint-Nazaire (Fédérale 1, 3e niveau) puis à Vannes, en Pro D2.

"Quand je suis arrivé, je ne parlais pas français donc c'était compliqué. Mais, une des raisons pour lesquelles je voulais venir, c'était pour expérimenter une autre culture et pour apprendre une autre langue", ajoute Fry, qui a aussi dû se mettre au... breton, la langue utilisée pour les combinaisons en touche.

"Je pense que je me suis bien adapté. En tout cas, j'adore et je pense que ça m'a aidé à devenir un meilleur joueur encore."

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