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Mondial de rugby: Itoje, prince des airs et terreur des mauls

Prince des airs et terreur des mauls, le deuxième ligne de l'Angleterre Maro Itoje a livré une performance majuscule, samedi en demi-finale de Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande (19-7) à Yokohama (banlieue de Tokyo). Une de plus, après avoir de nouveau conquis l'Europe avec les Saracens au printemps.

Il dit avoir "pris du plaisir" dans cette rencontre d'une folle intensité, "ces matches pour lesquels on joue au rugby". Celui que prend un avant à repousser à tour de bras les assauts adverses (12 plaquages) et à guerroyer dans les regroupements (trois ballons récupérés).

A régner dans les airs aussi, meilleur preneur en touche de son équipe (7) et chapardeur d'une munition importante pour les Néo-Zélandais, à 40 mètres de l'en-but anglais en première période (29e).

Interrogé sur la moisson du XV de la Rose en touche, Itoje (1,95 m pour 115 kg) l'a joué collectif, de sa voix aussi fluette que son engagement est féroce. Lui, l'amateur de poésie: "Il faut souligner l'apport des piliers (qui soulèvent les sauteurs), des troisièmes ligne et de Steve Borthwick" l'entraîneur en charge de ce secteur, vice-champion du monde en 2007.

"Un professeur. S'il y avait un doctorat de touche, il en aurait un double" a-t-il ajouté, après avoir loué le travail de l'ensemble de l'équipe: "Je crois beaucoup en mes coéquipiers, le sélectionneur (Eddie Jones), le staff. Ils (les entraîneurs) passent des heures pour nous aider et on ne pourrait réaliser ce genre de performance sans eux."

Une performance individuelle agrémentée de huit ballons joués pour 23 mètres gagnés, une statistique assez remarquable pour un deuxième ligne. Et d'une leçon administrée aux All Blacks sur leurs propres groupés-pénétrants, arrachant ici un ballon (13e), pourrissant là la sortie d'un autre (18e).

- Vauxhall et BMW -

Du bon boulot, a reconnu le troisième ligne anglais Tom Curry: "On savait que la conquête allait être une de leurs armes favorites aujourd'hui, que ce soit pour attaquer ou défendre. Ca l'est toujours mais encore plus au niveau international. Maro les a considérablement gênés."

Seule ombre au tableau, il a été lobé par le lancer de Jamie George, qui a atterri dans les mains d'Ardie Savea pour le seul essai néo-zélandais (57e).

"Vous relâchez votre attention, les All Blacks en profitent tout de suite. Cette touche le prouve", a commenté Itoje, qui double ses qualités athlétiques d'une tête bien faite puisqu'il a étudié à la cotée Ecole des études africaines et orientales, spécialisée en politique, après avoir obtenu une bourse pour intégrer à 12 ans la célèbre Harrow School, une école privée du nord-ouest de Londres.

Pas de quoi ternir réellement la partition de celui que Jones, à son arrivée au poste de sélectionneur fin 2015, s'était juré d'en faire un des meilleurs joueurs du monde, en usant de cette image: "Transformer une Vauxhall Viva (voiture modeste) en BMW."

- "Des moments rêvés" -

Itoje, capitaine de l'équipe des moins de 20 ans championne du monde en 2014, était un peu plus que ça, mais a continué son impressionnante ascension.

En devenant, à 25 ans (il les fêtera lundi), un des tauliers du XV de la Rose (35 sélections) et un membre des Lions britanniques et irlandais (3 sélections lors de la tournée en juin 2017 en Nouvelle-Zélande).

En garnissant également son palmarès de deux Tournois des six nations (2016 et 2017), Grand Chelem à la clé la première année, et en y ajoutant trois Coupes d'Europe (2016, 2017 et 2019) et autant de championnats d'Angleterre (2016, 2018 et 2019, après celui gagné en 2015).

Né de parents nigérians, l'enfant de Camden (un quartier de Londres) est à une marche, samedi prochain, de conclure en beauté sa fabuleuse année 2019.

Il a hâte: "Ce sont des moments rêvés. J'ai commencé à jouer au rugby en 2006 et ai été fasciné par le Mondial 2007 (dernière finale de l'Angleterre). Votre rêve, c'est de pouvoir participer à ce genre de semaines."

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