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Mondial de rugby: les Bleus ont "eu tort" de jouer à la main

Mondial de rugby: les Bleus ont
Le pilier gauche français Jefferson Poirot (c) lors du match de poules du Mondial face aux Etats-Unis, à Fukuoka, le 2 octobre 2019FRANCK FIFE

"On a eu tort." Le XV du France n'aurait pas dû jouer à la main le ballon, glissant, après avoir pris un mince avantage face aux Etats-Unis, ont reconnu les Bleus qui ont scellé leur large succès (33-9) une fois revenus au plan du jeu initial qui privilégiait le jeu au pied.

"On a peut-être cru que ce serait plus facile... on aime quand même le ballon." Le semi-aveu du pilier gauche Jefferson Poirot en dit long sur la lente évolution de la mentalité française, qui rechigne encore à utiliser l'arme du jeu au pied quand bien même elle a prouvé son efficacité chez les nations rivales.

Car les Bleus sont vite retombés dans leurs travers en fin de première période, voulant jouer à la main après avoir inscrit deux essais sur des inspirations au pied de l'ouvreur Camille Lopez. Sauf qu'avec un ballon rendu glissant par l'humidité, ils n'y sont jamais parvenus, multipliant les ballons tombés et imprécisions.

"On s'est dit qu'on avait deux essais d'avance et on a voulu plus jouer (à la main)", a aussi reconnu l'arrière Thomas Ramos. "On aurait peut-être dû plus user du jeu au pied pour les laisser chez eux au lieu de jouer un peu dans l'entrejeu et, à cause de ces fautes de main, les laisser en jeu."

- Pas de "scénario catastrophe" -

Bref, les Bleus ont eu "tort" de s'éloigner du plan de jeu inculqué par Fabien Galthié, actuel entraîneur adjoint et futur sélectionneur. C'est Lopez, l'autre dépositaire avec Ramos de ce jeu au pied, qui le reconnaît: "On a tort parce qu'on a fait tomber tous les ballons et on ne les a pas conservés, donc on ne peut pas dire que notre choix était le bon. Il fallait peut-être abuser du jeu au pied et faire 80 jeux au pied mais on n'a pas pris cette option-là."

Si les Bleus ont oublié les consignes, ils s'en sont rappelé au bon moment, dans le dernier quart d'heure où les Américains n'étaient plus qu'à 3 points (12-9). "C'est bien d'avoir réussi à rectifier", souligne Poirot. "Quand ils reviennent à trois points, si on ne rentre pas dans le plan, ça peut être un scénario catastrophe...c'était important de revenir dans le schéma."

Si les Bleus s'en sont sortis, c'est aussi grâce à au "coaching": rentrée dès le début de la seconde période, la première ligne Poirot-Guirado-Slimani a apporté son expérience et le demi de mêlée remplaçant Baptiste Serin a délivré les Bleus avec l'essai du bonus.

"Cela montre l'état d'esprit dans le groupe", estime Ramos. "Tout le monde veut jouer mais dans une compétition, ce n'est pas possible. Les remplaçants veulent apporter leur potentiel quand ils rentrent, aujourd'hui ça fait de belles choses."

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