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Mondiaux d'athlétisme en salle: Mayer, enfin libre dans sa tête

"J'ai eu une sorte de révélation". Fini le trac qui l'envahissait avant les grandes compétitions: Kevin Mayer se dit désormais beaucoup plus apaisé au moment d'entrer dans l'arène et se lancer dans ses travaux d'Hercule, un nouvel état d'esprit dont il compte bien profiter dès vendredi aux Mondiaux-2018 d'athlétisme en salle.

Depuis son avènement sur le devant de la scène des épreuves combinées avec la 2e place du décathlon des JO-2016, le Français de 26 ans a dû apprendre à vivre avec un statut à part, celui de l'éternel favori. Le champion olympique américain Ashton Eaton ayant pris sa retraite après Rio, Mayer aimante forcément tous les regards à chacune de ses sorties et il lui a fallu du temps pour apprivoiser cette situation.

Son premier titre de champion du monde conquis à Londres en août 2017 a eu enfin un effet cathartique. Exit la peur de mal faire et de décevoir, place à une belle assurance et à une approche de la compétition où la notion de "plaisir" est mise en avant et sert de préalable à la performance.

"J'ai l'impression de prendre de l'expérience au fur et à mesure, explique Mayer. J'ai eu mon pic de stress la saison dernière aux Championnats du monde quand tout le monde me collait une étiquette que je n'assumais pas forcément. Maintenant, je suis détaché de tout ça et les Championnats, c'est là où je m'éclate le plus, que j'arrive à me transcender".

- 'On commence à le maîtriser' -

"Le fait qu'on attende plus de moi ne me rajoute pas plus de pression, assure-t-il. J'essaye de prendre tout à la cool et cette année, ça marche bien. J'ai de plus en plus confiance en moi au fur et à mesure des compétitions".

Il y a bien eu un petit moment de doute avec une petite sinusite et de la fièvre juste avant de débarquer à Birmingham. Mais le clan du Français a maintenant appris à gérer ses hauts et ses bas à l'approche d'un évènement majeur. Son programme d'entraînement a été quelque peu bouleversé mais, pour une fois, sans paniquer.

"Cela fait partie de sa préparation d'avoir des phases de décompression pour monter en puissance, analyse pour l'AFP son entraîneur Bertrand Valcin. On commence à le maîtriser et ni lui ni moi on ne s'affole plus là-dessus. Il aborde les choses plus sereinement et ne brûle plus de l'énergie pour rien."

Mayer est d'autant plus libéré avant ces Mondiaux en salle qu'il n'a pas fait de cette échéance la priorité de sa saison, plutôt axée sur les Championnats d'Europe, du 7 au 12 août à Berlin. Son but principal en Angleterre sera de s'"éclater" et de livrer "une belle bataille", notamment contre le Canadien Damian Warner, 2e des Mondiaux en 2015 et 3e des JO-2016. "Cela va être un +big fight+ et c'est ce que je suis venu chercher", lance-t-il.

- 'Faire quelque chose de pas mal' -

"J'ai fait énormément de compétition et d'entraînement cet hiver, ce n'est pas l'objectif de la saison mais ça n'empêche que je pense réussir à faire quelque chose de pas mal, poursuit-il. Mon plus gros plaisir en athlétisme, c'est en championnat donc je ne crache pas dessus, quel qu'il soit."

Et un heptathlon en salle peut tout autant l'inspirer qu'une compétition en extérieur: il y a un an, c'est à l'Euro indoor à Belgrade qu'il avait remporté le premier grand trophée de sa carrière avec un record d'Europe à la clé (6479 pts).

"Je suis très homogène dans toutes les disciplines, donc en salle ou en dehors, j'ai à peu près le même niveau", indique-t-il.

Avant de découvrir ses premiers Mondiaux en salle, Mayer s'est testé cet hiver sur les 7 épreuves au programme de l'heptathlon et a notamment amélioré ses marques personnelles sur 60 m haies (7 sec 79) et à la perche (5,60 m). A l'en croire, il est "plus fort qu'à Belgrade". Surtout dans sa tête.

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