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Mondiaux d'athlétisme: "Je suis allé jusqu'au bout de mon physique", assure Kevin Mayer

Mondiaux d'athlétisme:
Le décathlonien français Kevin Mayer, blessé et contraint à l'abandon lors des Mondiaux d'athlétisme, le 3 octobre 2019 à Doha ANDREJ ISAKOVIC

"Je suis allé jusqu'au bout de mon physique", a lancé le recordman du monde Kevin Mayer, des sanglots dans la voix, après son abandon sur blessure lors du décathlon des Mondiaux de Doha, jeudi.

Q: Qu'est-ce qui s'est passé?

R: "Il faut savoir accepter d'être décathlonien, chaque décathlonien vit ça. Il y a des zéro ou des blessures. Il faut accepter qu'en 10 épreuves, il se passe des choses. Et en général, il ne se passe pas que des bonnes choses. La douleur, je l'ai ressentie il y a un mois, j'ai arrêté l'athlé durant trois semaines. J'ai fait un énorme travail avec Jérôme Simian (son préparateur physique, ndlr), je ne ressentais plus grand chose. Malheureusement c'est le jeu, j'ai tout donné. C'est pour ça que je suis énormément déçu mais je n'ai aucun regret. La douleur est apparue après le 100 m et devenait insupportable avant le 400 m. Je n'étais pas encore allé dans la douleur jusqu'ici et je suis fier d'être allé où je suis allé. J'aurais pu arrêter avant le 400 m."

Q: Vous aviez déclaré avant les Mondiaux que tout allait bien. Etait-ce du bluff?

R: "Comment voulez-vous que je vous parle de ça? A un moment donné, nous aussi, on se cache ce genre de choses. Je ne ressentais plus de douleurs et je n'allais pas vous dire qu'une blessure allait me niquer. J'étais là, j'étais présent. Je voulais tout exploser sur la piste. Ce scénario n'était pas du tout dans ma tête, je me disais que j'allais y arriver. Même à la perche, je me disais que j'allais finir. Jusqu'au bout, j'ai tout tenté. Je n'ai aucun regret. J'ai vu que mon staff était fier de moi, même si je n'ai pas fini un décathlon, et ça n'a pas de prix. Je sais qu'il y a beaucoup d'attente de la part de tout le monde envers ma carrière et je sais que je vais rebondir. Parce que j'étais préparé à ce genre de choses comme j'étais préparé à mon zéro à Berlin (à la longueur aux Championnats d'Europe en 2018, ndlr)."

Q: Cet abandon est-il dur à digérer?

R: "Je n'ai pas l'impression d'avoir arrêté. J'ai la sensation d'être allé jusqu'au bout. J'ai tout tenté, j'ai pleuré de rage au saut à la perche pour me transcender et pour ne plus sentir cette douleur. Je suis allé jusqu'au bout de mon physique. Je sais que j'ai ressenti des douleurs en avril que je n'avais jamais ressenties. On va tout +checker+, mon métabolisme, on va faire des IRM sur mon genou. Parce que là maintenant, c'est les Jeux (en 2020 à Tokyo, ndlr) et ça ne blague plus. Parce que si je peux ressortir du disque en tête en ayant mal depuis 5 épreuves, imaginez ce que je peux faire aux JO si je ne suis pas blessé. Je suis tourné vers les JO, je n'ai même pas envie d'aller en vacances et de faire la fête, je veux retourner sur la piste et me rééduquer."

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