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Mondiaux d'athlétisme: Noah Lyles, c'est l'heure!

Mondiaux d'athlétisme: Noah Lyles, c'est l'heure!
L'Américain Noah Lyles (c) lors du 200 m aux Mondiaux d'athlétisme de Doha le 30 septembre 2019Giuseppe CACACE

La nouvelle star de l'athlétisme? Le sprinteur américain Noah Lyles, ultra performant depuis deux ans, doit enfin montrer qu'il est digne des plus grands en s'imposant sur un grand championnat, dès mardi en finale du 200 m.

Premier grand coup de sa jeune carrière, Noah Lyles est devenu le 4e meilleur performeur de l'histoire sur le demi-tour de piste en courant un époustouflant 19 sec 50 à Lausanne le 12 juillet.

Devant lui sur les bilans historiques? La légende Usain Bolt (19.19, record du monde), le Jamaïcain Yohan Blake (19.26) et l'Américain Michael Johnson (19.32). Que du lourd.

Depuis 2017, Noah Lyles progresse à vitesse constante et s'impose petit à petit comme le sprinteur N.1 de la planète. Malgré son jeune âge (22 ans), il en est à 15 victoires en 16 courses sur 200 m en trois saisons.

Le seul coureur à l'avoir battu cette année, son compatriote Michael Norman (19.70 le 6 juin à Rome), privilégie le 400 m à Doha, lui laissant a priori le champ libre pour le titre mondial. Le tenant du titre turc Ramil Guliyev, le revenant canadien Andre De Grasse (3e du 100 m samedi) ou le Jamaïcain Yohan Blake, qui a perdu de sa superbe, ne semblent pas en mesure de pouvoir lui contester la victoire mardi.

- Cheveux argentés -

Après avoir assuré en séries, Lyles a été rapide dès les demi-finales lundi et a remporté sa course en 19 sec 86 devant l'Equatorien Alex Quinonez (19.95).

Grand amateur de pop culture, peintre et rappeur à ses heures, le souriant Lyles s'est teint les cheveux en argent pour les séries de ces Championnats, en hommage au manga de combat référence "Dragon Ball" d'Akira Toriyama (pour les puristes, la teinture argentée correspond à l'"ultra instinct", un état de toute puissance du personnage principal).

Sprinteur complet, Lyles brille aussi sur 100 m: il a remporté cette année les deux finales de la Ligue de diamant (100 m à Zürich en 9.98 puis 200 m à Bruxelles en 19.74). Sur la ligne droite, il s'était même offert le scalp de son compatriote Christian Coleman, nouveau champion du monde, à Shanghai en mai (9.86 tous les deux, départagés au millième).

"Je l'ai dit, je veux tout, les titres et les records. Bien sûr en premier lieu je veux la médaille d'or, peu importe le chrono, je serai prêt. Mais je me sens en très bonne forme...", a indiqué Lyles après les séries du 200 m lundi.

"Courir en moins de 19 secondes? Je pense que c'est possible. De toute façon si vous n'y croyez pas je pense que vous n'avez rien à faire dans le sport."

- Le doublé à Tokyo -

Pour les Mondiaux de Doha, Lyles a pris le pari, critiqué par l'ancien sprinteur trinidadien Ato Boldon (champion du monde 1997 du 200 m), de se concentrer sur le demi-tour de piste.

Et ce pour une bonne raison: malgré son immense talent, le Floridien n'a encore rien gagné, et ne compte même aucune médaille en grand championnat.

En 2016, il échoue aux portes de la qualification pour les Jeux de Rio aux sélections américaines (4e du 200 m en 2016). Puis en 2017, il se blesse avant les Championnats du monde de Londres et ne peut y défendre ses chances.

"Les Mondiaux, j'attends ça depuis 2017, ça fait si longtemps! Mais je n'ai aucune pression comme je n'ai jamais participé à un grand championnat", déclare-t-il pour tenter de dédramatiser.

Lyles doit donc rassurer à Doha sur ses capacités à aller chercher un grand titre, avant d'avoir une opportunité unique de devenir le roi du sprint: l'an prochain, il a assuré qu'il tenterait le doublé aux Jeux de Tokyo.

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