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Mondiaux de gym: Biles, pour continuer d'inscrire son nom à l'encre indélébile

Elle est déjà une icône du sport mondial, mais Simone Biles a encore de multiples cordes à son arc pour inscrire son nom de manière encore plus indélébile dans l'histoire de la gymnastique, aux Championnats du monde à Stuttgart (Allemagne), où elle entre en piste samedi.

Il y a un an, aux Mondiaux de Doha, Biles avait étincelé de mille feux pour son grand retour sur la scène internationale, elle qui s'était octroyée une année sabbatique au lendemain de JO-2016 fastueux, riches de quatre sacres (concours général, sol, saut et par équipes) et d'une médaille de bronze (poutre).

Dans la capitale émiratie, la petite bombe américaine est montée sur tous les podiums possibles - six (dont quatre fois sur la plus haute marche) - ce que plus personne n'avait accompli depuis plus de trente ans (Shushunova en 1987). Mieux, elle est devenue la gymnaste la plus couronnée aux Mondiaux de l'histoire en détrônant une autre légende, le Bélarusse Vitaly Scherbo (14 contre 12).

Pourtant, cela ne faisait alors qu'un an à peine que Biles avait repris le chemin des gymnases sous la houlette d'un nouveau duo d'entraîneurs, les Français Cécile et Laurent Landi.

Et elle aurait eu toutes les raisons de se laisser déstabiliser après avoir révélé début 2018 faire partie des victimes de Larry Nassar, ex-médecin de l'équipe féminine de gymnastique à l'origine d'un des plus graves scandales de l'histoire du sport américain, lourdement condamné pour des centaines d'agressions sexuelles commises pendant deux décennies.

- "The Biles" -

Malgré tout, la gymnaste texane (22 ans) ne s'est pas reposée sur ses lauriers depuis. Loin de là.

A Doha déjà, elle avait donné son nom à un saut inédit, devenu "The Biles" pour la postérité: en gymnastique, réussir un élément jusque-là jamais accompli dans une compétition internationale majeure est ainsi récompensé au Code de pointage de la Fédération internationale (FIG).

A Stuttgart, ce sont trois (!) mouvements originaux qu'elle baptisera de son nom, si elle parvient à les réaliser.

L'un aux barres asymétriques, mais surtout deux ultra complexes, au sol, précisément un triple-double (triple vrille et double salto arrière), et en sortie à la poutre, là un double-double.

"Mettre mon nom sur un mouvement, c'est vraiment excitant, rien que pour me prouver que je suis capable de le faire, surtout sous pression. Et c'est vraiment gratifiant, parce que c'est pour toujours - les médailles aussi - mais c'est quelque chose qui reste parce que je suis celle qui l'a réalisé en premier, a comparé Biles en début de semaine.

Pour bien mesurer l'extrême difficulté à laquelle elle ose s'attaquer, il faut savoir que les éléments étaient jusque-là classés de A, pour les plus faciles, à I, pour les plus difficiles. Mais le triple-double est tellement ardu que le comité technique de la FIG a décidé de créer un niveau de plus (J). Le double-double à la poutre est lui évalué H.

- Bientôt la plus médaillée ? -

C'est au coeur de l'été, aux Championnats des Etats-Unis, que Biles a époustouflé en dévoilant ces deux nouveaux mouvements. Son triple-double au sol, elle-même trépignait d'impatience de le voir en vidéo. "Je ne voulais pas être la dernière personne à le voir", avait-elle souri. Jamais auparavant une femme ne l'avait réalisé. Réussi sur les tapis allemands, il deviendrait "The Biles II", la championne américaine ayant déjà apposé son nom sur un premier élément sur le même agrès il y a cinq ans.

"Jamais je n'aurais pensé être capable de les réaliser en compétition un jour, mais Cécile et Laurent (Landi) m'ont beaucoup aidé à croire en moi", raconte Biles, qui se sent désormais "assez confiante sur ces éléments" et a "hâte de les tenter".

En termes de palmarès aussi, Biles a toutes les cartes en main pour repousser encore les limites.

Déjà la première gymnaste quadruple championne du monde du concours général (Uchimura l'est six fois côté messieurs), on ne voit pas qui pourrait l'empêcher d'y coiffer une cinquième couronne.

Et devenir celle à la tête de la collection la plus fournie de médailles mondiales est tout à fait à sa portée : pour l'instant, elle en compte vingt. Soit "seulement" trois de moins que Scherbo (23 entre 1991 et 1996).

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