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Montpellier: "Justice pour la fac de droit" réclament des centaines de manifestants

Montpellier:
Manifestation d'étudiants le 28 mars 2018 à Montpellier après les violences d'hommes cagoulés contre des étudiants grévistes dans la nuit du 22 au 23 mars SYLVAIN THOMAS
education, Droit

"Justice pour la fac de droit" ont réclamé vendredi après-midi plusieurs centaines d'étudiants et personnels de l'université de Montpellier au lendemain de la mise en examen du doyen et d'un professeur de la fac de droit suite aux violences dans l'établissement, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants - 500 selon la préfecture - s'étaient réunis devant la fac de droit aux grilles toujours baissées au lendemain de la mise en examen du doyen Philippe Pétel pour complicité d'intrusion dans un établissement universitaire par des personnes armées au visage dissimulé et de Jean-Luc Coronel, professeur agrégé d'histoire du droit, pour la même qualification et également pour violences aggravées en récidive.

"Le doyen a-t-il ouvert la chambre aux secrets ?" ou encore "Et ils courent toujours...Justice?", pouvait-on lire sur les pancartes, alors que la dizaine d'hommes cagoulés et armés de bâtons qui ont brutalement chassé des étudiants grévistes d'un amphithéâtre le 23 mars n'ont pas été identifiés. "Facho, casse-toi, Montpel est antifa", scandaient certains des manifestants.

Dans un tract remis lors de la manifestation, un "comité de mobilisation" de la faculté de droit dénonce notamment "le manque de sécurité" au sein de l'université" et accuse l'Etat de "ne pas prendre partie dans la lutte contre le fascisme".

Des anarchistes et "antifa" avaient pris la tête du cortège tandis que des étudiants de la fac de droit qui suivaient dénonçaient une "récupération". Des membres de la Ligue des droits de l'Homme, des syndicats mais aussi l'une des figures locales de la France Insoumise, René Révol, maire de Grabels, étaient également présents.

La présidence de l'université a confirmé vendredi à l'AFP qu'elle maintenait son projet de rouvrir la faculté de droit mardi matin, mais nombre d'étudiants, enseignants et personnels estima ient que les conditions n'étaient "pas réunies".

"Les auteurs cagoulés de ces violences sont toujours dans la nature et on nous annonce la reprise des cours et des examens comme si de rien n'était", s'est étonnée une étudiante avouant sa "peur" de revenir sur les lieux.

Le doyen et le professeur mis en examen ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à la faculté pour le second. Ils ont également été suspendus dans le cadre d'une enquête administrative dont on attend encore les résultats définitifs.

L'expédition punitive est survenue en marge de la mobilisation contre la loi Vidal changeant les conditions d'accès aux études universitaires. Vendredi les grévistes prévoyaient un durcissement du mouvement après le week-end Pascal qui pourrait s'étendre aux lycées.

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