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Mort de deux jeunes à Grenoble: nouveaux incidents après la marche blanche

Le quartier du Mistral à Grenoble a connu mercredi un bref moment d'apaisement, le temps de rendre hommage aux deux jeunes de la cité tués en scooter en tentant d'échapper à la police, avant que les violences ne reprennent en soirée.

Les troubles ont débuté vers 21h00 quand plusieurs voitures ont été retournées et incendiées tandis que des pierres et des cocktails molotov étaient lancés depuis les toits des immeubles sur les forces de l'ordre, a constaté un photographe de l'AFP.

Plusieurs fourgons de forces de l'ordre se trouvaient sur place. Et la police a effectué des fouilles dans les parties communes de plusieurs tours du quartier.

Tard dans la soirée, deux personnes porteuses d'objets dangereux (couteaux, mortiers, jerricane d'essence...) ont été interpellées, a indiqué la préfecture.

Dans l'après-midi, une "marche blanche" silencieuse avait rassemblé quelque 1.500 personnes pour rendre hommage aux deux jeunes.

L'imposant cortège s'était mis en route vers 16H30 derrière une banderole portée par des proches et sur laquelle était inscrit "Adam et Fatih, plus jamais ça!". De nombreux participants tenaient des roses blanches et certains portaient des tee-shirts en hommage aux défunts.

Leur décès avait déjà entraîné trois nuits consécutives de troubles dans ce quartier sensible avant un retour très relatif au calme mardi. De nombreux habitants de cette cité tiennent les policiers pour responsables de l'accident ayant coûté la vie aux deux garçons de 17 et 19 ans. "Que justice soit faite!", réclamait une banderole dans la foule.

Avant le départ de la marche, la cousine de Fatih avait remercié les participants de s'être déplacés, au nom des membres de sa famille restés en Turquie. Ces derniers appellent "à laisser reposer en paix" les deux jeunes gens, avait-elle déclaré sous des applaudissements nourris.

Après avoir parcouru le quartier, le cortège avait rejoint le début du pont de Catane, à proximité du lieu de l'accident, laissant les familles se recueillir seules à l'endroit exact du drame.

Revenues au sein de la foule, elle avaient été accueillies par une haie d'honneur et des applaudissements. De retour dans le quartier, des proches des deux jeunes avaient aussi remercié les habitants de les "avoir accompagnés dans (leur) peine".

"Je souhaite remercier tous ceux qui les ont rendus heureux jusqu'au bout", avait souligné la cousine de Fatih, le plus âgé des deux jeunes, dont le corps a été rapatrié en Turquie où il sera inhumé jeudi.

Selon le parquet, Adam et Fatih circulaient sans casque sur un scooter de grosse cylindrée, volé et dépourvu de plaques, lorsqu'ils ont trouvé la mort samedi soir en percutant un autocar, tandis qu'un véhicule de la brigade anticriminalité les suivait.

Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances du drame, mais le parquet évoque pour l'heure "un accident". Les deux jeunes étaient connus des services de police pour des faits de petite délinquance.

"Les interrogations des familles - qui se sont constituées parties civiles - sont nombreuses", a souligné leur avocat Me Florent Girault lors d'une conférence de presse à l'issue de la marche blanche.

"Qu'est-ce qui a pu conduire des services de police à prendre en chasse un scooter avec un mineur et un jeune majeur ? (...) Qu'est-ce qui pouvait fonder une telle prise de risques ? C'est sur les circonstances exactes de ce soi-disant accident que les familles attendent des réponses", a-t-il poursuivi, évoquant des vidéos plus éclairantes sur le déroulement des faits que les vidéos officielles.

"Jusqu'à quel point l'autorité de police peut faire prendre des risques à deux usagers, et conduire un quartier dans un tel état d'émoi ? Ces réactions de colère, on peut les comprendre", a estimé l'avocat.

Pour Karim, l'oncle d'Adam, "on a ôté la vie de deux enfants parce qu'ils n'avaient pas de casques. C'est de la douleur, du chagrin et de la solidarité qui s'expriment aujourd'hui" avec cette marche blanche qui a été "d'un grand réconfort", a-t-il dit devant la presse.

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