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Mouvement #MeToo en Corée du Sud: un ancien grand espoir de la politique incarcéré

Mouvement #MeToo en Corée du Sud: un ancien grand espoir de la politique incarcéré
Ahn Hee-jung, ancien espoir de la politique en Corée du Sud, arrive au tribunal à Séoul le 14 août 2018Jung Yeon-je

Un ancien homme politique de premier plan en Corée du Sud, accusé de viols par sa secrétaire, a été condamné vendredi en appel à trois ans et demi de prison, la Haute Cour de Séoul invalidant le jugement controversé d'acquittement prononcé en première instance.

Ahn Hee-jung, qui était arrivé en 2017 deuxième dans la course à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle, derrière le futur vainqueur Moon Jae-in, est la personnalité la plus en vue éclaboussée par le mouvement #MeToo en Corée du Sud jusqu'à présent.

Il a été reconnu coupable de neuf chefs d'accusation par la Haute Cour de Séoul, notamment celui de rapport sexuel par abus d'autorité, une décision saluée par les militantes féministes qui s'étaient indignées de son acquittement l'année dernière.

Ahn Hee-jung était accusé par son ancienne secrétaire de l'avoir violée à plusieurs reprises entre 2017 et février 2018, quand elle travaillait pour lui. Kim Ji-eun avait rendu publiques ces accusations lors d'une apparition télévisée en mars, une démarche très rare dans cette société conservatrice.

L'homme politique avait été acquitté l'année dernière de tous les chefs d'accusation à son encontre, notamment celui d'abus sexuel, le tribunal de première instance estimant qu'il n'y avait pas suffisamment de "preuves" pour établir qu'il avait usé de son autorité pour contraindre sa secrétaire à avoir des rapports sexuels avec lui.

Mais la Haute Cour a jugé vendredi qu'Ahn Hee-jung avait abusé de son statut d'homme politique célèbre et de celui de supérieur hiérarchique, pour contraindre Kim Ji-eun à des relations sexuelles.

Il n'a pas été formellement inculpé ni condamné pour viol. Il a été incarcéré dès le prononcé du verdict, et n'a fait aucun commentaire.

Avant le scandale, Ahn Hee-jung était considéré comme un candidat sérieux pour remplacer le président Moon Jae-in à la fin de son mandat prévue en 2022.

Le verdict a été prononcé une semaine après la condamnation à deux ans de prison d'un ancien procureur de Séoul pour abus de pouvoir, en lien avec une affaire très médiatisée qui avait été le déclencheur du mouvement #MeToo en Corée du Sud.

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