Musée juif de Bruxelles: Nemmouche "condamne tout acte d'intimidation"

Musée juif de Bruxelles: Nemmouche
Croquis d'audience de Mehdi Nemmouche, le 10 janvier 2019 lors de son procès au tribunal de BruxellesBenoit PEYRUCQ

Mehdi Nemmouche, jugé pour le quadruple assassinat commis au musée juif de Bruxelles en 2014, a condamné "tout acte d'intimidation" jeudi après le vol du dossier de l'affaire chez un des avocats du procès, un cambriolage assorti de menaces.

"Je redis que ne suis pas le tueur du musée, je condamne tout acte d'intimidation" qui viserait aussi "les jurés et les magistrats de ce procès", a affirmé le jihadiste français en lisant un texte qu'il avait préparé.

Lors du vol du dossier de l'affaire, mardi soir à Bruxelles chez Me Vincent Lurquin, un avocat d'une partie civile, une fausse Kalachnikov a été placé sur son bureau.

Une enquête judiciaire a été ouverte "du chef de vol avec effraction et menaces par emblèmes", avait souligné mercredi le parquet de la capitale.

Au lendemain de la révélation de ce cambriolage, Nemmouche qui refuse les questions de la présidente depuis le début du procès a tenu à prendre la parole.

"Je vis comme une catastrophe cette histoire de cambriolage chez Me Lurquin, le fait que certains voudraient apparemment tenter de me relier à ce cambriolage", a-t-il affirmé.

"Je n'ai strictement rien à voir avec ce cambriolage que je condamne avec la plus grande fermeté", a-t-il insisté.

"Et je précise que je vis en isolement total, totalement coupé du monde extérieur depuis des années, mises à part quelques visites de ma grand-mère, de mes tantes et de mes avocats", a-t-il ajouté, décrivant sa détention comme vivre "emmuré dans une tombe".

Nemmouche, arrêté à Marseille le 30 mai 2014, six jours après la tuerie du musée, est en détention provisoire depuis plus de quatre ans et demi.

Alors que les preuves pour l'accuser des quatre assassinats sont jugées "accablantes" par les parties civiles, il nie les faits.

Selon ses avocats, "il n'est pas le tueur" et a été "piégé". La tuerie ne serait pas un attentat du groupe Etat islamique, mais, affirment-ils, "une exécution ciblée d'agents du Mossad", le service secret israélien.

Jeudi matin il a assuré n'appartenir à "aucune cellule terroriste" et condamné les attentats de 2015-2016 à Paris et Bruxelles, dont certains protagonistes étaient des connaissances, comme l'ont montré les enquêtes.

"Aucun Dieu, qu'il s'appelle Dieu, Yahvé ou Allah, n'a jamais autorisé à tuer des innocents", a-t-il assuré pour conclure sa déclaration, ponctuée d'un "merci" adressé à la cour.

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