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Nantes: associations et migrants plantent des tentes dans le centre-ville

Nantes: associations et migrants plantent des tentes dans le centre-ville
Des migrants devant leurs tentes dans le square Daviais à Nantes, le 3 juillet 2019Sebastien SALOM-GOMIS

Environ 150 personnes ont planté des tentes mercredi soir à Nantes, square Daviais, une action symbolique un an après les premières distributions de repas sur ce site où de nombreux migrants s'étaient installés pendant des semaines avant d'en être délogés.

Une vingtaine de tentes ont été montées dans une ambiance calme, au son de quelques percussions. Auparavant, un rassemblement s'était tenu devant la préfecture.

L'autre Cantine, l'association à l'origine de cette action, entend rendre visible le sort de ces personnes sans abri notamment hébergées à Saint-Herblain, à la périphérie de Nantes, dans un gymnase insalubre propriété du diocèse, et pour lesquelles les pouvoirs publics n'avancent aucune solution.

"A Saint-Herblain, ils sont invisibles. Ici, c'est un rappel qu'ils sont toujours aussi nombreux à chercher un toit, un endroit pour dormir", a déclaré à l'AFP François Prochasson, du collectif de soutien aux migrants.

"C'est un éternel recommencement. On demande depuis toujours que personne ne dorme à la rue à Nantes et que les migrants demandeurs d'asile qui arrivent puissent avoir un hébergement (...) Il y a une situation dramatique au gymnase", a estimé M. Prochasson.

Selon les associations, cette action est avant tout "symbolique" mais elles n'excluent pas que des personnes restent dormir dans les tentes. "C'est peut être plus confortable (dans une tente) que dormir dans un gymnase à 50 degrés, voire dans la rue devant le gymnase" à cause de la chaleur, a souligné le militant associatif.

Deux heures après leur installation, les tentes ont été démontées par les migrants sous l’étroite surveillance des CRS venus leur demander de quitter les lieux. Les migrants étaient cependant toujours sur place mercredi soir, dans une atmosphère calme.

D’autres actions similaires sont prévues prochainement selon les associations qui ont dénoncé "l'indifférence" face à "une situation de misère".

Environ 300 personnes vivent actuellement dans des conditions précaires au gymnase Jeanne Bernard de Saint-Herblain malgré une décision d'expulsion prononcée par la justice, mais non exécutée par la préfecture qui craint un nouvel appel d'air.

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