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Négociations commerciales avec la Chine: la date fatidique du 1er mars s'estompe

Négociations commerciales avec la Chine: la date fatidique du 1er mars s'estompe
Robert Lighthizer, représentant pour le Commerce, et Peter Navarro, conseiller économique de Donald Trump, à Washington le 19 février 2019Jim WATSON
Chine

Le président Trump s'est montré optimiste mardi sur l'avancée des négociations commerciales entre Washington et Pékin au point de moins brandir la date fatidique du 1er mars pour infliger de nouvelles surtaxes sur les produits chinois.

Les négociations commerciales entre Washington et Pékin se passent "très bien", a affirmé le président à la Maison Blanche ajoutant que l'échéance du 1er mars au-delà de laquelle les Etats-Unis menacent d'infliger des surtaxes n'était "pas une date magique".

Les discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, qui doivent mettre fin à la guerre des droits de douane déclenchée par Donald Trump, ont repris mardi dans la capitale américaine.

"Je pense que les discussions se passent très bien", a affirmé le président dans le Bureau ovale, ajoutant que ces pourparlers étaient toutefois "très complexes".

Interrogé sur la date limite du 1er mars, fixée par Washington pour obtenir un accord, le président américain a lancé: "je ne peux pas exactement vous donner de calendrier. La date n'est pas une date magique parce que beaucoup de choses se passent".

"On verra ce qui arrive", a-t-il ajouté.

Donald Trump avait déjà évoqué vendredi la possibilité d'étendre au-delà du 1er mars la trêve commerciale négociée avec son homologue chinois Xi Jinping lors d'un sommet fin novembre à Buenos Aires.

Les Etats-Unis ont menacé de faire passer le 1er mars de 10% à 25% les droits de douane sur des marchandises chinoises représentant 200 milliards de dollars d'importations annuelles si aucun accord n'était trouvé avec Pékin.

Ces discussions commerciales à Washington se mènent entre numéros 2 jusqu'à jeudi avant de reprendre au niveau des ministres vendredi.

Elles font suite à plusieurs jours de pourparlers à haut niveau à Pékin la semaine dernière à l'issue desquels les deux parties ont fait état de progrès tout en reconnaissant que des questions "très difficiles restaient en suspens".

- Progrès à faire -

Kevin Hassett, un conseiller économique de la Maison Blanche, a par ailleurs affirmé mardi que le fait que les discussions aient "encore lieu était un signe positif".

"Il y a encore beaucoup de progrès à faire", a-t-il ajouté sur la chaîne CNBC.

La Maison Blanche a rappelé lundi dans un communiqué qu'elle exigeait des changements structurels de la part de la Chine.

En langage diplomatique, cela signifie notamment l'arrêt du transfert imposé de technologies, le respect des droits de propriété intellectuelle, la fin du piratage informatique et la levée de barrières non tarifaires comme par exemple les subventions publiques.

Selon Bloomberg News, Washington a redemandé à Pékin de s'engager à maintenir la stabilité du yuan, une promesse qui serait partie de l'accord commercial entre les deux premières économies mondiales.

Citant deux personnes familières avec les négociations, Bloomberg indique que la question des devises a été évoquée à plusieurs reprises et que les Etats-Unis pourraient utiliser des droits de douane encore plus élevés pour répondre à un affaiblissement du yuan.

Robin Brooks, économiste en chef à l'Institute for International Finance a indiqué à l'AFP que la baisse de 6% du yuan, également connu sous le nom de renminbi (RMB), par rapport au dollar avait compensé l'impact des deux séries de droits de douane américains sur un total de 250 milliards de dollars en produits chinois.

"Le RMB est toujours sous-évalué", a affirmé cet expert. "Cependant, la devise s'est redressée depuis son point bas du 31 octobre, ce qui indique que les marchés s'attendent à un accord qui permettrait de réduire considérablement les droits de douane" - une opinion qu'il juge néanmoins "trop optimiste".

Pékin et Washington se sont imposés des droits de douane mutuels qui pèsent sur leurs secteurs manufacturiers et ont perturbé les marchés financiers mondiaux.

Selon M. Brooks, les entreprises chinoises ont également réduit leurs prix pour empêcher leurs ventes aux États-Unis de trop s'éroder, ce qui nuit à leurs résultats et signifie que le pays paie un prix économique pour la guerre tarifaire.

Depuis la détente de décembre, la Chine a repris ses achats de soja américain et s'est lancée dans des achats massifs de produits américains afin de rapprocher les négociateurs américains vers un accord.

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