Nicaragua: les manifestations qui ont fait 42 morts se poursuivent

Nicaragua: les manifestations qui ont fait 42 morts se poursuivent
Manifestation contre le président Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo, le 27 avril 2018 à Managua, au NicaraguaRODRIGO ARANGUA

Les manifestations se poursuivaient vendredi au Nicaragua à la mémoire des 42 personnes décédées au cours de la vague de protestations qui a secoué le pays la semaine dernière.

Selon un dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh), le nombre de personnes tuées lors des violents affrontements entre la police et les manifestants est passé vendredi de 38 à 42.

La hausse de ce bilan s'explique par le décès de personnes qui étaient hospitalisées ou portées disparues.

Depuis lundi, aucun affrontement avec la police n'a été recensé, les manifestations se déroulant de manière pacifique dans la capitale Managua et le reste du pays.

L'association de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi les pays membres de l'Organisation des Etats américains (OEA) à approuver l'envoi d'une mission de la Commission interaméricaine des droits de l'homme au Nicaragua afin d'enquêter sur les allégations d'abus commis par les forces de l'ordre contre des manifestants.

De son côté, le président de l'Assemblée national Gustavo Porras, a annoncé la formation d'une commission comprenant des personnalités du pays pour "connaître, analyser et clarifier" ces récents événements.

La contestation, lancée au départ par les étudiants contre une réforme des retraites, est rapidement devenue une mobilisation générale pour dénoncer la confiscation du pouvoir par le président Daniel Ortega, un ancien guérillero âgé de 72 ans, à la tête du Nicaragua de 1979 à 1990 puis redevenu président en 2007.

Le zèle des forces de l'ordre face à ces manifestations a vite inquiété la communauté internationale. L'Union européenne, les Etats-Unis et le Vatican ont critiqué la force excessive utilisée par la police. L'ONU a dit soupçonner de possibles "exécutions illégales".

En début de semaine, l'archevêque de Managua, Leopoldo Brenes, a accepté de servir de "médiateur et témoin" du dialogue, en insistant pour que le gouvernement "évite tout acte de violence".

Le puissant Conseil supérieur des entreprises privées (Cosep) s'est dit lui aussi prêt à discuter avec l'exécutif, mais exige que le dialogue serve aussi à envisager des réformes pour plus de démocratie dans le pays.

Jeudi, le président Ortega, qui avait lui-même appelé à un dialogue, n'avait pas encore donné ni les détails ni les participants à ces discussions.

Le même jour, sans fournir de précisions, la vice-présidente Rosario Murillo, épouse du président Ortega, a assuré que le gouvernement était engagé "pleinement dans la construction du dialogue et la promotion de l'espérance, de la tranquillité, de la normalité et de la paix".

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