Nouveau suicide à la prison de Fleury-Mérogis, le douzième cette année

Nouveau suicide à la prison de Fleury-Mérogis, le douzième cette année
La maison d'arrêt de Fleury-Merogis, le 14 décembre 2017 à Fleury-Merogis dans le sud de ParisPhilippe LOPEZ
suicide

Un détenu s'est donné la mort jeudi à Fleury-Mérogis (Essonne), a-t-on appris auprès de la direction de l'administration pénitentiaire (DAP), ce qui porte à douze le nombre de suicides depuis le début de l'année dans cette prison qui est la plus grande d'Europe.

L'homme de 33 ans, qui était détenu depuis mai 2018, a été retrouvé pendu en fin de matinée avec un drap aux barreaux de sa cellule, a indiqué la DAP. Il avait fait un séjour en juillet en service médico-psychologique, une unité de soins psychiatrique en milieu pénitentiaire. Les surveillants avaient de nouveau relevé sa vulnérabilité il y a quelques jours, et le détenu devait voir un psychiatre vendredi matin.

Mi-juin, à sa sortie du quartier des arrivants, il était en cellule avec un codétenu, mais après des difficultés de cohabitation, il avait été placé en cellule individuelle, a indiqué une source pénitentiaire. "Il tenait des propos incohérents aux personnels et se sentait persécuté par les autres détenus, même en encellulement individuel", selon cette source.

"Ce suicide pose la question de la prise en charge des détenus avec des profils psychiatriques", a relevé la source pénitentiaire, estimant que "sa place était plutôt en hôpital psychiatrique". Cet homme était prévenu dans une affaire de tentative d’assassinat dans le milieu familial.

Plus grande prison d'Europe avec 4.200 détenus, Fleury-Mérogis est confrontée à une vague inhabituelle de suicides. Une série noire que les autorités peinent à expliquer: les effectifs de surveillants sont similaires par rapport à l'an dernier, comme la surpopulation carcérale, moindre par rapport à d'autres prisons d'Ile-de-France (143% d'occupation à Fleury contre 182% à Fresnes ou 187% à Villepinte). Les bâtiments sont modernes et les conditions de détention y sont plutôt meilleures que dans d'autres prisons d'Ile-de-France.

Le dispositif des "codétenus de soutien", qui existe déjà dans 14 établissements pénitentiaires, sera mis en place dans deux des cinq bâtiments de Fleury-Mérogis "dans les mois à venir", a indiqué la direction de l'administration pénitentiaire. Dans ce cadre, des détenus volontaires sont formés par la Croix-Rouge pour soutenir des prisonniers fragiles, ayant besoin de parler.

Il y a eu 85 suicides dans les prisons françaises depuis le 1er janvier. Un chiffre en augmentation par rapport à 2017 (80 suicides) mais en baisse par rapport à 2016 (87 suicides), selon des chiffres de la DAP.

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