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Nouvelle journée de manifestations après la mort d'un Israélien d'origine éthiopienne

Nouvelle journée de manifestations après la mort d'un Israélien d'origine éthiopienne
Manifestation le 3 juillet 2019 à Tel-Aviv après le décès d'un jeune Israélien d'origine éthiopienne, tué par un policierAhmad GHARABLI
ISRAEL

Des manifestations ont eu lieu mercredi à Tel-Aviv et dans le nord d'Israël pour la troisième journée consécutive, après le décès d'un jeune Israélien d'origine éthiopienne, tué par un policier, la communauté éthiopienne dénonçant un crime raciste.

Solomon Teka, âgé de 19 ans, a été tué dimanche soir par un policier qui n'était pas en service au moment des faits, à Kiryat Haim, une ville proche du port de Haïfa, dans le nord d'Israël.

Des dizaines de policiers ont été déployés mercredi dans la ville de Kiryat Ata, non loin de Kiryat Haim. Des manifestants tentant de bloquer une route ont été dispersés par la police.

Malgré des appels au calme lancés par les autorités, des jeunes se sont aussi à nouveau rassemblés à Tel-Aviv. Une centaine de personnes ont défié la police en bloquant une route avant d'être dispersées.

En trois jours, 140 personnes ont été arrêtées et 111 policiers blessés par des jets de pierres, bouteilles et bombes incendiaires lors des manifestations dans le pays, selon un nouveau bilan de la police.

Les embouteillages et les images de voitures en feu ont fait la une des médias.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président israélien Reuven Rivlin ont appelé au calme, tout en reconnaissant que les problèmes auxquels était confrontée la communauté israélo-éthiopienne devaient être traités.

- 'Tragédie'-

"La mort de Solomon Teka est une immense tragédie", a dit le Premier ministre. "Des leçons seront tirées. Mais une chose est claire: nous ne pouvons tolérer les violences que nous avons connues hier", a-t-il déclaré mercredi lors d'une réunion du comité ministériel sur l'intégration de la communauté éthiopienne.

"Nous ne pouvons pas voir de routes bloquées, ni de cocktails Molotov, ni d'attaques contre des policiers, des citoyens et des propriétés privées", a-t-il ajouté.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, et le commissaire de la police, Moti Cohen, ont rencontré des représentants de la communauté israélo-éthiopienne, selon un communiqué de la police.

La police a rapporté que le policier ayant tué le jeune homme avait tenté de s'interposer lors d'une bagarre entre jeunes. Après avoir expliqué qu'il était un agent des forces de l'ordre, des jeunes lui auraient alors lancé des pierres. L'homme aurait ouvert le feu après s'être senti menacé.

Mais d'autres jeunes présents et un passant interrogés par les médias israéliens ont assuré que le policier n'avait pas été agressé.

L'agent a été assigné à résidence et une enquête a été ouverte, a indiqué le porte-parole de la police.

En janvier, des milliers de juifs éthiopiens étaient déjà descendus dans la rue à Tel-Aviv après la mort d'un jeune de leur communauté tué par un policier.

Ils affirment vivre dans la crainte d'être la cible de la police. La communauté juive éthiopienne en Israël compte environ 140.000 personnes, dont plus de 50.000 sont nées dans le pays. Elle se plaint souvent de racisme institutionnalisé à son égard.

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