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Nucléaire iranien: Washington "pas surpris" par la mise en route de centrifugeuses avancées

Nucléaire iranien: Washington
Le ministre américain de la Défense Mark Esper, lors d'une conférence de presse au ministère français de la Défense, le 7 septembre 2019 à ParisZakaria ABDELKAFI
Russie

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a affirmé samedi à Paris n'être "pas surpris" de la mise en route par Téhéran des centrifugeuses avancées, dont la production augmentera le stock iranien d'uranium enrichi, fragilisant un peu plus l'accord nucléaire de 2015.

"Je ne suis pas surpris que l'Iran ait annoncé qu'il allait violer le JCPOA (accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, ndlr)", dont les Etats-Unis sont sortis l'an dernier, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue française, Florence Parly, au cours de laquelle les deux responsables ont également évoqué la Russie et la coopération au Sahel.

"Ils le violent déjà, ils ont violé le traité de non-prolifération pendant des années donc ce n'est pas une surprise", a-t-il commenté.

La ministre française des Armées Florence Parly a de son côté rappelé la volonté de Paris de "ramener l'Iran au respect de l'accord de Vienne". "Nous continuerons à pousser dans ce sens. Tous les efforts diplomatiques sont orientés vers cela", a-t-elle souligné.

La France, engagée dans un effort de médiation pour amorcer un dialogue entre Téhéran et Washington, avait appelé jeudi l'Iran à "s'abstenir de toute action concrète non conforme à ses engagements".

Florence Parly et Mark Esper ont également abordé la sécurité maritime dans le Golfe, où Washington a lancé une mission avec la Grande-Bretagne, l'Australie et le Bahrein pour protéger les navires marchands dans le détroit stratégique d'Ormuz, après une série d'attaques de tankers dans la région.

Soucieux de ne pas exacerber les tensions avec l'Iran, la France et la majorité des pays européens n'ont pas souhaité s'associer à cette opération, préférant travailler sur une coordination de leurs moyens de surveillance "afin d'améliorer la situation sécuritaire dans le Golfe", a rappelé Mme Parly.

"Il n'y a aucune compétition entre ces initiatives, il y a au contraire une très bonne coordination" avec les Etats-Unis, a-t-elle assuré.

"Clairement, nous préférerions que tous les pays s'unissent" au sein de la mission américaine, a commenté M. Esper.

A deux jours d'une rencontre à Moscou entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense français et russes, pour la première fois depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, le chef du Pentagone a mis en garde contre "l'influence néfaste de la Russie sur le continent" européen, qui "vise à affaiblir l'Otan".

"Ce serait formidable si nous pouvions pousser la Russie à se comporter comme un pays plus normal", "mais nous ne pouvons pas ignorer les dernières années au cours desquelles la Russie a envahi la Géorgie, a annexé la Crimée, occupe des morceaux d'Ukraine, menace les pays baltes et mène des patrouilles agressives", a-t-il fait valoir, alors que le président français Emmanuel Macron affiche sa volonté de rapprochement avec la Russie pour insuffler un climat de détente en Europe.

"Il s'agit de rétablir un cadre normal de discussion, pas de se rapprocher sans conditions", fait valoir Florence Parly dans un entretien au journal Le Monde publié samedi, en parlant notamment d'"établir des canaux d'échange qui permettent d'éviter les mauvaises surprises", pour "faire en sorte que l'on ne découvre pas des exercices de façon inopinée par exemple".

En outre, "nous ne pouvons rester ni les spectateurs, ni les otages du fait que les traités qui régissaient le contrôle des armements en Europe sont en train d'être vidés de leur substance", souligne la ministre.

Mark Esper a enfin évoqué samedi la coopération franco-américaine au Sahel, en saluant "le leadership de la France dans les efforts de contre-terrorisme en Afrique", et en remerciant Paris pour "l'évacuation médicale d'un soldat américain en Afrique plus tôt cette semaine".

Il a refusé de confirmer ou d'infirmer une baisse prochaine du nombre de soldats américains en Afrique, où Washington fournit une aide précieuse aux troupes françaises en matière de drones et de ravitailleurs. "Je n'ai pas pris de décision", a-t-il seulement affirmé.

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