Opération antimigrants dans les Alpes: des membres de Génération identitaire en garde à vue

Opération antimigrants dans les Alpes: des membres de Génération identitaire en garde à vue
Romain Espino, porte-parole du groupe Génération identitaire, en août 2017 à LyonROMAIN LAFABREGUE

Plusieurs membres du groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire ont été placés en garde à vue mardi en lien avec leurs patrouilles antimigrants dans les Alpes au printemps dernier, a-t-on appris de sources concordantes.

"@RomainEspino, porte-parole de Génération Identitaire vient d'être placé en garde à vue pour sa participation à la mission dans les #Alpes", annonce le groupe sur son compte Twitter.

Contacté par l'AFP, le président de ce mouvement, Clément Galant indiquait peu avant 11H00 entrer en garde à vue avec Romain Espino à Lyon.

Le parquet de Gap a confirmé à l'AFP que plusieurs membres du groupuscule ont effectivement été placés en garde à vue en lien avec les opérations menées au col de l'Échelle près de Briançon, sans plus de détail.

Au printemps dernier, des militants identitaires avaient multiplié les démonstration d'hostilité aux migrants, participant au contrôle de la frontière aux côtés des forces de l'ordre, sous la bannière de "Defend Europe", mouvement qui a déjà fait parler de lui en Méditerranée.

Ils s'étaient notamment félicités de la remise de quatre "clandestins" à la police et de l'arrestation de sept migrants "repérés et signalés" par leurs soins.

Aucune poursuite n'avait jusqu'à maintenant été engagée contre eux, au grand dam des militants promigrants dont sept d'entre eux ont été poursuivis et condamnés pour avoir facilité l'entrée de migrants en France au même moment.

Une première enquête ouverte le 27 avril 2018 avait été classée sans suite faute d'infraction ou de plainte.

Puis le procureur de Gap, Raphaël Balland, avait ouvert une enquête préliminaire plus globale au motif d''immixtion dans une fonction publique (article 433-12), confiée à la gendarmerie de Briançon.

Les membres de Génération Identitaire ont toujours assuré que leurs actions étaient protégées par l'article 73 du code pénal qui prévoit que "dans les cas de crime ou délit flagrant puni d'une peine d'emprisonnement, toute personne a qualité pour appréhender l'auteur et le conduire devant l'officier de police judiciaire le plus proche".

La préfecture des Hautes-Alpes dénonçait elle "une opération de communication (...) visant à faire croire qu'ils contribuent à la lutte contre l'immigration clandestine".

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