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Opération de dispersion meurtrière en Egypte: des pro-Morsi incendient des églises

La tension monte une nouvelle fois d'un cran en Egypte. La police a mené un assaut meurtrier contre les places occupées par des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Au moins 43 manifestants ont été tués et deux membres des forces de sécurité ont péri.

Au moins 43 manifestants ont été tués, dont certains manifestement par balles, ce mercredi au Caire dans la dispersion des rassemblements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, selon un journaliste de l'AFP qui a pu compter les cadavres, tous des hommes. Les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, évoquent de leur côté plus de 250 morts, mais il n'est pas possible de confirmer l'ampleur de ce bilan de sources indépendantes.

La police, soutenue par l'armée, a donné l'assaut en début de matinée sur les deux places que les pro-Morsi occupent depuis plus d'un mois avec femmes et enfants. En réaction, les Frères musulmans ont appelé "les Egyptiens" à descendre dans la rue pour "arrêter le massacre"."Ce n'est pas une tentative de dispersion mais une tentative d'écraser d'une façon sanglante toute voix opposée au coup d'Etat militaire", a lancé Gehad el-Haddad, le porte-parole des Frères musulmans sur Twitter. 

Deux membres des forces de l'ordre tués

De son côté, le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'au moins deux membres des forces de l'ordre avaient été tués et que ces forces avaient essuyé des tirs d'armes automatiques lors de l'assaut. Moins de deux heures après le début de l'assaut, le ministère a aussi déclaré que la plus petite des deux places occupées, Nahad, était totalement "sous contrôle" des forces de sécurité.

Les deux places, survolées très tôt le matin par des hélicoptères, ont été littéralement noyées sous les fumées des gaz lacrymogènes. En milieu de matinée, des femmes voilées, leurs enfants à la main et des masques de chirurgie sommairement plaqués sur le nez, évacuaient la place Nahda escortées par des policiers.

Les trains bloqués 

Les trains entrant et sortant du Caire ont par ailleurs été bloqués ce mercredi après l'assaut meurtrier contre les points de rassemblement des pro-Morsi, afin d'éviter que des manifestations se reforment hors de la capitale, a annoncé le gouvernement. L'armée et la police égyptiennes ont également placé des barrages sur les routes autour de l'aéroport international du Caire.

Selon la chaîne de télévision officielle égyptienne, la police a arrêté 200 personnes lors de l'évacuation des deux places. Une action de protestation se déroule également à Alexandrie, où l'une des artères principales de la ville est bloquée, selon la chaîne d'information qatarie al-Jazeera.   

Des pro-Morsi incendient trois églises

Des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont par ailleurs incendié ce mercredi trois églises coptes dans le centre de l'Egypte, après l'opération meurtrière contre les places qu'ils occupaient au Caire, ont rapporté des responsables de la sécurité et l'agence officielle Mena. Selon ces responsables, deux églises ont été attaquées et en partie incendiées par des pro-Morsi dans la province d'el-Menia. Le Youth Maspero Union, un mouvement de la jeunesse copte, a rapporté les mêmes faits, accusant les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, de "mener une guerre de représailles contre les Coptes".
 
Dans cette région, où vit une importante communauté chrétienne, des heurts opposaient les forces de l'ordre à des partisans de l'ex-chef d'Etat islamiste, qui ont coupé des routes y incendiant des pneus, ont ajouté les responsables de la sécurité. A Sohag, une ville plus au sud où vivent également de nombreux chrétiens, des pro-Morsi ont jeté des cocktails molotov sur l'église Mar Gergiss, située dans l'enceinte du diocèse de la ville, a rapporté l'agence Mena, évoquant des actions de représailles à la dispersion au Caire.
 
Le clergé copte a soutenu la destitution par l'armée de M. Morsi, le patriarche copte Tawadros II était même apparu aux côtés du général Abdel Fattah al-Sissi lors de l'annonce télévisée du coup de force des militaires le 3 juillet.
 

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