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Orages dans le Var: deux personnes noyées dans un véhicule emporté en mer

Deux personnes, une femme puis un homme,ont été retrouvées noyées jeudi, à bord d'une voiture emportée en mer au large de Sainte-Maxime, victimes des violents orages et des crues qui ont frappé le Var depuis mercredi.

L'une des victimes de la crue a été identifiée comme étant Françoise Barbé, 57 ans, conseillère municipale PCF à Gardanne (Bouches-du-Rhône), a indiqué le maire de Gardanne Roger Mei. La ville a mis ses drapeaux en berne.

La victime aurait appelé les secours avant le drame, selon un message posté sur Facebook par sa fille. Une enquête pénale a été ouverte par le parquet du Var à la suite d'un appel mercredi soir aux pompiers d'une personne en train d'être entraînée par l'eau dans son véhicule. Selon le vice-procureur de Draguignan (Var) Michaël Darras, l'auteur de cet appel est vraisemblablement l'une des deux victimes retrouvées. L'enquête, ouverte pour disparitions inquiétantes, a été transformée en recherche des causes de la mort.

Le deuxième passager de la voiture, un homme, dont le corps a été retrouvé peu avant 12H00, est originaire de Corse et né en 1963, selon le parquet. Les deux corps ont été transportés à l'Institut médico-légal de Nice pour autopsie.

La voiture, retrouvée à l'aube échouée sur le toit à une quinzaine de mètres de la plage des Issambres, au débouché de la Garonette, une rivière qui sépare les communes de Sainte-Maxime et Roquebrune-sur-Argens, a été sortie de l'eau dans la matinée. Après avoir été cachée derrière des bâches, le temps de dégager les victimes et de mener les constatations pour l'enquête, la carcasse très défoncée d'une Citroën grise était visible sur la plage, dans l'après-midi.

Les recherches de quatre autres véhicules également aperçus dans la nuit en train d'être emportés par les eaux se poursuivaient jeudi, par intermittence, lorsque la météo le permettait. La pluie qui s'était calmée dans la matinée, a repris de plus belle dans l'après-midi et les recherches ont dû être suspendues. "Les quatre voitures ont été identifiées mais on ne sait pas où elles sont", a-t-on indiqué de sources concordantes.

"Les recherches sont encore en cours notamment pour vérifier par rapport aux véhicules signalés que nous n’ayons personne à bord mais je crois qu’a l’heure où nous sommes, nous pouvons nous montrer rassurants sur cette question", a déclaré, dans l'après-midi à la presse le Directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski, qui s'est rendu à Sainte-Maxime.

Le Premier ministre et ministre de l'Intérieur Edouard Philippe a "fait part de sa vive émotion" face à ce drame, apportant "tout son soutien aux familles et aux proches" des deux personnes décédées.

- "Bambous en vrac"-

Les débordements des cours d'eau varois ont été provoquées par les fortes précipitations sur l'ensemble du département. Près de 200 mm d'eau sont tombés localement, sur le massif voisin des Maures. La Garonnette avait un débit encore très fort jeudi, après avoir déraciné et transporté plusieurs gros arbres.

Vincent Morisse, maire de Sainte-Maxime, interrogé par l'AFP, a fait état de nombreux dégâts matériels dans sa commune. Une vingtaine d’habitations ont été impactées dans le secteur des Issambres ainsi que 14 hangars inondés en cours de nettoyage. Les pompiers du Var ont réalisé 275 interventions et une vingtaine de personnes ont été secourues.

"Nous avons plusieurs cours d’eau qui ont débordé en même temps avec une violence particulièrement importante (...) "C’est une crue qui serait déjà classée centennale, extrêmement rare et extrêmement violente", a déclaré l'élu à l'AFP.

Les habitants, aidés par les pompiers, s'activaient à pomper l'eau qui s'est engouffrée dans les caves. Les employés communaux ramassaient, à l'aide de camions et de tractopelles, des amas de bambous amoncelés dans les jardins et les rues ou accrochés aux arbres.

Plusieurs riverains, en colère, ont dénoncé "la mairie qui a débroussaillé il y a peu de temps et a laissé ces bambous en vrac". "Les policiers de l’environnement passent pour vérifier les embâcles potentiels -les arbres notamment - et les cannes", a réagi Vincent Morisse. "Ce sont ces cannes qui maintiennent les berges des cours d’eau, elles sont coupées pour des raisons esthétiques", a-t-il souligné.

A 16H00, plus aucun département français n’était en vigilance orange.

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