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Ortega avertit les Etats Unis de "ne pas chercher le Nicaragua"

Ortega avertit les Etats Unis de
Le président nicaraguayen Daniel Ortega anime un meeting à Managua, le 5 septembre 2018INTI OCON

Le président nicaraguayen Daniel Ortega a demandé mercredi aux Etats Unis de "ne pas +chercher+ le Nicaragua", quelques heures après l'examen de la crise dans le pays centroaméricain au Conseil de sécurité des Nations unies à la demande de Washington.

"Aux Etats-Unis, nous disons que s'ils veulent aider le peuple nicaraguayen, s'ils veulent contribuer à la paix, le mieux qu'ils puissent faire c'est de ne pas +chercher+ le Nicaragua, c'est de respecter le Nicaragua comme nation souveraine et digne", a dit M. Ortega devant des milliers de partisans rassemblés dans le centre de Managua pour une manifestation de soutien.

Quelques heures plus tôt, le Conseil de sécurité avait débattu de la situation au Nicaragua où les violences ont fait plus de 320 morts, selon les organisations de défense des droits de l'homme (198, selon le gouvernement nicaraguayen).

A New York, la Russie, la Chine et la Bolivie ont fait la sourde oreille lorsque l'ambassadrice américaine Nikki Haley a exhorté le Conseil de sécurité "à ne pas être un observateur passif tandis que le Nicaragua devient un Etat dictatorial en faillite".

"Chaque jour qui passe", le Nicaragua suit davantage les traces de la Syrie et du Vénézuéla qui voient un "exode" massif de leurs citoyens, a jugé la diplomate américaine.

- Appel au retour -

Adoptant un ton plus conciliant qu'à l'habitude, Daniel Ortega a lancé un appel au retour et à la réconciliation aux milliers de Nicaraguayens qui ont fui les violences au Costa Rica voisin.

"Celui qui n'a pas torturé, qui n'a pas tué, on va l'accueillir (...) parce que nous devons nous retrouver et nous réconcilier", a-t-il lancé devant la foule de ses partisans, qui avaient parcouru en cortège six kilomètres sous le soleil pour se rassembler sur une place du centre de Managua.

"Il faut continuer à approfondir ce dialogue entre les familles", a-t-il dit en appelant à la "générosité pour que nous nous retrouvions (...) au delà de nos idéologies, de nos religions".

L'opposition a brocardé cet appel au retour et à la réconciliation nationale alors que la répression des opposants se poursuit.

"Tant que les causes de la terreur n'ont pas cessé, qui va vouloir revenir ?", s'est demandé José Pallais, ancien vice-ministre des Affaires étrangères passé à l'opposition.

"Je ne vois pas qu'Ortega dise que la persécution (des opposants) va s'arrêter, que maintenant la police ne va plus faire irruption dans les maisons à minuit. Je ne vois pas qu'il élimine les causes de la peur et de la terreur. Ce qu'il a dit, c'est que tout va continuer comme avant", a déclaré M. Pallais à l'AFP.

L'ancien vice-ministre a également rejeté l'appel à la réconciliation de Daniel Ortega. "Vivre soumis à ses règles, dans une normalité basée sur la répression, la persécution, ce n'est pas la réconciliation", a-t-il fait valoir.

Les partisans du président scandaient comme slogan "Le commandant (Ortega) reste !", en réponse aux demandes de l'opposition pour la démission de Daniel Ortega et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo.

La crise a commencé le 18 avril par des manifestations contre un projet de réforme de la sécurité sociale aujourd'hui abandonné, qui se sont poursuivies pour demander le départ du couple présidentiel.

Daniel Ortega, âgé de 72 ans, dont les onze dernières années au pouvoir, est accusé par ses opposants d'avoir mis en place une dictature marquée par la corruption et le népotisme.

Le couple présidentiel rétorque que leur pouvoir est issu des urnes et accuse les Etats-Unis d'avoir fomenté la révolte.

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